(AFP) WorldCom et Sprint ont annoncé aujourd'hui qu'ils retiraient leur dossier de fusion déposé devant la Commission européenne après la décision du Département de la Justice américain de s'y opposer.
Dans un communiqué, les deux opérateurs de télécommunications américains ont indiqué qu'«à la lumière de l'annonce par le département américain de la Justice qu'il avait déposé plainte pour bloquer leur fusion, ils retirent leur projet de fusion déposé pour examen devant la Commission européenne».
«Si à l'avenir, ils décident de procéder à cette fusion, il la notifieront à nouveau comme prévu par le réglement européen sur les fusions et acquisitions», souligne le communiqué envoyé de Clinton (Mississippi), siège de WorldCom, et de Westwood (Kansas), celui de Sprint.
La veille, le commissaire européen chargé de la concurrence, Mario Monti, s'était dit opposé à la fusion entre deux des opérateurs longue distance aux États-Unis en raison de la distorsion de concurrence sur le marché de l'Internet (voir la dépêche de l'AFP).
L'édition de ce matin du Washington Post affirme que la division antitrust du département américain de la Justice prépare un dossier pour bloquer devant les tribunaux la fusion entre les deux groupes. Celle-ci a été évaluée, au moment de l'annonce, à 115 milliards$.
Certes, une action en Justice ne signifie pas forcément un échec pour la fusion mais les désinvestissements qui pourraient être mis comme condition à la finalisation de cette acquisition seraient trop importants.
La semaine dernière, la presse avait avancé que WorldCom envisageait de se séparer, pour 40 à 45 milliards$, des activités Internet et téléphone longue distance de Sprint pour obtenir le feu vert des autorités de régulation européennes et américaines.
Mais cette cession mettrait en péril les économies de coût d'exploitation de l'ordre d'un milliard$ prévues et annoncées lors de la fusion, selon certaines sources de marchés citées par la presse.
Les autorités de contrôle aux États-Unis ont à plusieurs reprises affichées leurs réticences à cette fusion qui mettrait le marché du téléphone longue distance aux États-Unis aux mains de deux groupes: AT&T et WorldCom.
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