(AFP) Le commissaire européen chargé de la concurrence Mario Monti a indiqué aujourd'hui à Washington qu'il envisageait de recommander un blocage de la fusion des opérateurs de télécommunications Sprint et WorldCom, estimant qu'elle limiterait la concurrence sur l'Internet.
Soulignant qu'il parlait de «manière hypothétique» alors que le dossier fait encore l'objet d'un examen, il a indiqué lors d'une conférence de presse «que ses recommandations seraient de s'y opposer» dans l'état actuel des choses.
Sprint et WorldCom ont jusqu'au 12 juillet pour soumettre une proposition définitive répondant aux demandes européennes de manière à obtenir le feu vert de Bruxelles. Mais jusqu'à présent, la Commission européenne n'a encore rien reçu, a précisé M. Monti.
Si la Commission rejette ce projet de fusion de 115 milliards$, il est toujours possible pour WorldCom-Sprint de présenter un nouveau projet de fusion ultérieurement, a-t-il précisé.
Le 21 juin, un haut responsable de la concurrence à Bruxelles, cité par le Washington Post, avait jugé «l'affaire terminée» en raison de l'opposition de M. Monti à la fusion (voir la dépêche de l'AFP).
Les recommandations de M. Monti ont toutes les chances d'être adoptées par la Commission Européenne lors de la réunion du 5 juillet, avait précisé ces mêmes responsables.
Aujourd'hui, M. Monti a rappelé que la Commission avait approuvé plusieurs projets de fusion entre sociétés américaines comme celle entre les pétroliers Exxon et Mobil et avait bloqué l'union entre le français Péchiney et le canadien Alcan.
Selon le Washington Post, le bureau anti-trust américain a déjà été informé par les services de la concurrence européen des recommandations du commissaire sur la fusion MCI-Worldcom et adhère à son analyse.
La presse avait avancé que WorldCom envisageait de se séparer des activités Internet et téléphone longue distance de Sprint pour obtenir le feu vert des autorités de régulations européennes et américaines.
Mario Monti doit notamment rencontrer aujourd'hui Joel Klein, le responsable du bureau antitrust américain ainsi que le président de la Commission fédérale du Commerce (FTC), Robert Pitofsky et la Représentante américaine pour le Commerce, Charlene Barshefsky.
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