Entrevue Chercheur au Collège canadien de police, le Dr Marcel Eugène LeBeuf était le président organisateur de la première conférence «Police et technologies de l'information», qui a réuni quelque 400 participants et 80 conférenciers à Cornwall cette semaine.
Multimédium: D'où vous est venue l'idée d'une telle conférence?
Dr Marcel Eugène LeBeuf: Le tout a en réalité démarré comme un projet de recherche. L'exercice était de savoir si les différents corps policiers canadiens connaissaient bien les technologies de l'information et les utilisaient bien. Comme les gens des milieux policiers n'ont pas vraiment tendance à lire les rapports et les études, il fallait trouver une formule originale et c'est là qu'est apparue l'idée d'une conférence.
M: Y avait-il un besoin d'exprimé en ce sens?
M.E.L.: Il y avait définitivement un besoin, mais il n'était pas vraiment exprimé. Les différentes compagnies offrant des solutions technologiques allaient les offrir aux corps policiers un peu partout, mais ceux-ci ne savaient pas trop où ils en étaient les uns par rapport aux autres. Cette conférence leur permet donc de partager l'information directement et d'avoir un aperçu de ce qui est fait ailleurs.
M: Est-ce qu'un jour les criminels auront besoin de tenir une conférence de la sorte parce que la police les aura devancés?
M.E.L.: Jamais. Les organisations criminelles bénéficient d'un grand avantage sur les forces policières du fait qu'elles n'ont pas à négocier de budgets, de suivre certaines procédures et de former leur personnel. Elles peuvent donc s'adapter beaucoup plus rapidement au changement.
M: La police devrait-elle tenter de transformer sa structure?
M.E.L.: La police va être grandement modifiée par les nouvelles technologies, dans une dizaine d'années. Il ne faut pas oublier que les nouvelles technologies toucheront également l'administration quotidienne des corps policiers, pas seulement la lutte envers le crime elle-même.
M: En bout de course donc, quand les policiers auront bien intégré les nouvelles technologies dans leurs méthodes de travail, en sortiront-ils gagnants par rapport à l'époque où elles n'existaient pas?
M.E.L.: Il n'y a aucun doute dans mon esprit que oui. Il y aura eu une nette amélioration, ne serait-ce que pour la routine des patrouilleurs qui se rendent sur les lieux des événements.
M: Êtes-vous satisfait des résultats de la conférence?
M.E.L.: Tout à fait. Nous avons reçu quelques commentaires à l'effet qu'il y avait un peu trop de conférenciers, mais c'était le but de cette première édition: toucher le plus d'aspects possibles. Il est certain que nous ne referons pas les choses de la même façon l'an prochain, s'il y a lieu. Nous aurions également voulu avoir un peu plus d'informations sur ce qui se fait en Europe, notamment avec Europol. Malheureusement, le conférencier invité à cet effet a préféré discuter d'autres choses...
M: Qu'y a-t-il de particulier avec Europol?
M.E.L.: Cette association s'est formée un peu en raison d'un mécontentement envers le travail effectué par Interpol et ils ont un système d'échanges intéressant, qui doit tenir compte des différentes lois, langues, etc. des pays de la communauté européenne.
Jean-François Codère