La carcasse technologique de Boo.com a été adjugée pour la modique somme de 250 000 livres sterling (565 000$ CA). L'équivalent de la ferraille dans le monde virtuel si on le compare aux quelques 100 millions$ US qui y ont été investis.
Bright Station, l'entreprise menée par le pionnier du Net britannique Dan Wagner, a mis la main sur les outils technologiques qui ont servi à mettre sur pied le flamboyant cybermarchand.
Comme un vrai ferrailleur, M. Wagner veut vendre sa nouvelle aquisition morceau par morceau. Son objectif est de produire des solutions de commerce électronique basées sur certaines pièces de la technologie de Boo.com, technologie développée à fort prix (certains estimés vont jusqu'à 70 millions de livres sterling). «Il s'agissait probablement de beaucoup trop de techologie pour un seul marchand, a expliqué M. Wagner à Bloomberg News, mais avec nos nombreux clients, c'est un excellent ajout à nos actifs.»
Bright Station offre déjà de tels services grâce à sa division Sparza, qui est en revanche surtout spécialisée dans les logiciels de chaîne d'approvisionnement. Sparza aspire devenir un des leaders des solutions intégrées de commerce électronique, de la commande chez le grossiste à la livraison chez le client en passant par l'interface Web.
Les experts-conseils KPMG avaient été mandatés pour liquider les actifs de Boo.com. Un dépôt de grantie d'un million de livres avait été exigé pour «pré-qualifier» les preneurs éventuels (qui étaient passés d'une trentaine à six avec la demande du dépôt). Ce ne fut pas assez pour rehausser la valeur accordée à la techonologie de Boo.com.
Pour ce qui est de la marque, qui deviendra sans doute l'équivalent virtuel de l'Edsel, KPMG devait annoncer un acheteur aujourd'hui, ce qui n'a pas été fait. Il faut dire que si la technologie peut se réemballer et se revendre, il n'y a pas grand-chose à faire avec une marque synonyme du plus retentissant échec de la courte histoire du commerce en ligne.
Et les employés?
En revanche, il y a peut-être plus à recycler de cette faillite que de la ferraille virtuelle. Des employés qui savent maintenant ce qu'il ne faut pas faire pour faire du commerce en ligne sont disponibles!
L'équipe qui a conçu et mis en place l'interface graphique tridimensionnelle de Boo.com offre maintenant ses services, séparés ou en groupe, au postboo.com. «Ce site existe parce que des individus ont beaucoup aimé travailler et apprendre ensemble et veulent continuer après boo.com», explique la page d'accueil du site Web.
Une seule ombre au tableau: la faible convivialité du site de Boo.com avait été citée parmi les facteurs ayant contribué à son peu de popularité. Le graphisme de Postboo.com rappelle beaucoup celui de Boo.com. Même fixation sur l'orangé, même utilisation à outrance du logiciel Flash, même tendance vers le graphiquement épuré mais le technologiquement lourd.
Ce n'est peut-être pas une bonne stratégie, car les entreprises qui voudront les embaucher seront probablement loin d'être convaincues qu'ils auront appris de cette monumentale erreur...
Dominic Fugère
D'autres détails dans The Register, The Sunday Times, la dépêche de Bloomberg News et The Industry Standard
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