La sécurité informatique est évidemment au coeur des préoccupations des policiers, surtout en ces temps troubles où virus et attaques informatiques de toutes sortes font régulièrement les manchettes.
Une fois passées les recommandations techniques et administratives liées à la sécurité des réseaux, des conférenciers du sommet «Police et technologies de l'information» se sont attardés aux conséquences d'une attaque.
Donald Watson, surintendant principal de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), a bien résumé la situation. Une base de données piratée, peu importe la gravité de l'attaque, perd toute crédibilité, puisqu'il sera toujours possible de contester la validité des renseignements qu'elle contient. Sans crédibilité, la base de données ne sera plus utilisée et est donc vouée à l'échec.
En rappelant que la GRC a investi des dizaines de millions$ en salaires, seulement pour la saisie des données (sans compter les coûts d'acquisitions des données) dans l'une de ses bases de données, Donald Watson a rapidement convaincu les participants.
Son point de vue prend encore plus de sens lorsque juxtaposé aux propos de deux spécialistes du droit venus discuter de l'adaptation de la loi canadienne à l'ère électronique. Amenés à discuter de l'admissibilité en cour de preuves électroniques, ceux-ci étaient fiers de déclarer que, dorénavant, il ne serait plus obligatoire de présenter le document original dans ce cas... à condition bien sûr de prouver la fiabilité de la copie!
Lawrence Dobranski, un autre conférencier, employé de la firme Cinnabar, prévoit quant à lui que, sous peu, des avocats désespérés mettront en doute l'intégrité des systèmes informatiques des policiers dans le but de discréditer la preuve. L'invulnérabilité des systèmes policiers est donc cruciale.
La technologie évolue rapidement, c'est vrai, mais Donald Watson ne s'en fait pas. «On peut comparer l'évolution de l'informatique à celle des automobiles, dit-il. Du temps des premières voitures, tout ce qui comptait était d'en faire des plus grosses et des plus puissantes. Par la suite on a ajouté des freins puis, plus tard, des ceintures de sécurité et des coussins gonflables. En informatique, on vient à peine de commencer à penser aux freins.»
Jean-François Codère
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