Les services policiers canadiens ne veulent pas demeurer en reste face aux nouvelles technologies. C'est pour cette raison que se tient à Cornwall la première édition de la conférence «Police et technologies de l'information».
Cette conférence rassemble des délégués de dizaines de corps de police canadiens, dont beaucoup de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) et de la Sûreté du Québec (SQ). L'objectif est d'y faire le point sur l'utilisation des nouvelles technologies au service de la loi.
Plus que du rapport de force entre policiers et criminels informatiques, les conférenciers ont traité ce matin de l'utilisation des bases de données pour faciliter le travail des policiers. Le but ultime: éliminer la paperasse, promouvoir la saisie unique des données et être en mesure d'effectuer un suivi depuis un incident jusqu'à la sentence. Tout cela à partir de systèmes archaïques.
Jean-Guy Pelletier, directeur des technologies de l'information à la Sûreté du Québec, a bien voulu nous entretenir du système de bases de données Jasmine que la SQ commence à implanter. Fait à noter, Jasmine a été développé avant tout comme une plate-forme d'affaires électroniques (eBusiness).
La grande force de ce système, développé par Fujitsu qui le met maintenant en marché avec la collaboration de Computer Associates, est la gestion de fichiers multimédia. Photos, vidéos et extraits sonores pourront ainsi facilement être joints aux fiches signalétiques d'individus ou d'événements.
Éventuellement, Jean-Guy Pelletier souligne qu'il serait même possible que des enquêteurs ou constables sur le terrain aient accès à des photos ou vidéos de suspects directement sur place, à partir d'un Pocket PC ou d'un Palm Pilot.
La SQ travaille également à se conformer au système GIRES que le gouvernement québécois implante actuellement, au coût d'environ 500 millions$. Développé par Oracle, ce système vise à optimiser l'administration des ressources humaines et financières du gouvernement.
Les mots d'ordre des bases de données du futur selon les conférenciers: le protocole Internet (TCP/IP) et les interfaces Web (thin clients). Pour le moment, les évidents risques de sécurité liés à l'adoption de ce protocole sont pris en charge sur le plan physique. Toutes ces bases de données ne sont disponibles qu'en réseau fermé, pas question de les rendre accessible directement à partir du Net.
Certains conférenciers, tout en reconnaissant l'efficacité de la méthode, préfèrent un transfert de la sécurité à l'étape de l'application, laissant ainsi accès aux renseignements à un agent où qu'il soit.
C'est là qu'entrera en ligne de compte un autre grand thème de la conférence: la sécurité informatique pure et dure.
Jean-François Codère
Visitez le site de la conférence où notre journaliste sera jusqu'à demain.