(AFP) Leurs bérets rouges et leurs patrouilles dans le métro de New York font partie de la légende de la ville. Mais face à la baisse de la criminalité, cette organisation de volontaires, les Guardian Angels, s'est reconvertie dans la lutte contre la pédophilie sur l'Internet.
En 1979, alors que de nombreux quartiers de New York sont transformés en coupe-gorges, Curtis Sliwa et Don Chin fondent les Anges
Gardiens dans le quartier du Bronx. Treize à l'origine, ils se baptisent Magnificent 13 et patrouillent la tristement célèbre ligne 14, plus
connue sous le nom «d'agression express».
«On voulait mettre de l'ordre sur cette ligne dangereuse. On voulait que les gens se sentent en sécurité en notre présence», expliquera plus tard Curtis Sliwa.
Mais face à la chute de la criminalité dans le métro et la ville, les Anges Gardiens ont trouvé sur le réseau informatique mondial une occasion de se diversifier.
«Comme toute organisation, nous avons dû nous moderniser», explique à l'AFP Edwin «Rico» Caraballo, chef du quartier général des Angels situé sur la 8ème avenue à Manhattan. «Les enfants sont des proies faciles sur l'Internet. On voulait faire quelque chose pour les défendre».
En collaboration avec des avocats et des spécialistes du réseau, ils ont créé en 1995 le programme Cyberangels, dont ils assurent qu'il rassemble plus de 3 000 volontaires dans 14 pays.
Les «Cyberangels Net Patrols» surfent la toile à la recherche de sites pédophiles et mènent des actions pour tenter d'alerter les jeunes sur les dangers qui les y guettent.
Leurs patrouilles virtuelles diffusent des portraits robots de pédophiles, rapportent aux autorités les comportements des cybernautes jugés suspects et tentent d'obtenir la fermeture de sites pédophiles lorsqu'ils les ont repérés. Ils assurent avoir ainsi pu traquer et faire arrêter des centaines de «prédateurs» d'enfants.
«De nombreux parents ne savaient pas vers qui se tourner», indique la présidente du programme, Parry Aftab, sur le site des Cyberangels. «Maintenant, ils n'hésitent plus et savent qu'on est là pour veiller comme Curtis veillait le soir dans le métro. Nous voulons être à la pointe du combat», lance cette avocate de formation qui dit recevoir plus de 1 000 messages électroniques par jour de parents demandant de l'aide.
Ils travaillent pour cela en collaboration avec la police de New York (NYPD), la sûreté fédérale (FBI) et l'UNESCO.
Confronté à de nombreux problèmes financiers, les Cyberangels ne subsitent que grâce aux dons qu'ils reçoivent.
© 1999 AFP