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Internet à l'école: Canada, génération Web

Canoë 
29/05/2000 17h09 

(AFP) Au Canada, une génération entière d'écoliers du primaire et d'élèves du secondaire est en train de grandir avec l'Internet, qui est connecté dans la totalité des établissements scolaires publics et des bibliothèques depuis le 30 mars 1999.

Le Canada est le premier pays à avoir atteint une couverture aussi importante: 16 500 écoles publiques et 3 400 bibliothèques, à raison d'un ordinateur pour neuf écoliers dans le primaire et un pour huit dans le secondaire.

Le programme volontariste (Rescol, notamment) mené à l'initiative d'Industrie Canada, qui collabore avec les gouvernements et le secteur privé, prévoit que chaque classe soit connectée d'ici le 31 mars 2001.

Mais l'équipement n'est pas suffisant. Encore faut-il s'en servir. Au Canada, le Web est entré dans les moeurs: plus de 50% des élèves du secondaire ont déjà conçu ou entretenu un site Web, a souligné Paul Cappon, directeur général du conseil des ministres de l'Éducation du pays, lors du premier «marché mondial de l'éducation» (WEM) qui s'est tenu cette semaine à Vancouver.

«L'utilisation d'Internet en tant que source d'information et moyen de communication augmente si vite dans les écoles que les capacités d'accès sont souvent inférieures à la demande», ajoute-t-il.

Ces changements ne se font pas sans résistances chez les enseignants dont le rôle est profondément remis en cause. Ils ne sont plus les seuls détenteurs du savoir, et doivent devenir accompagnateurs ou animateurs.

«L'un des principaux freins au changement est probablement le corps enseignant lui-même», a déclaré à l'AFP Penny Milton, directrice générale de l'association canadienne d'éducation (ACE), qui regroupe les principaux acteurs intéressés par les questions d'éducation (syndicats, associations, parents d'élèves...).

La formation de base des enseignants s'est améliorée, mais elle n'est pas suffisante pour que l'outil soit réellement intégré à leur pédagogie, ajoute-t-elle.

Finalement, c'est probablement les enfants eux-mêmes qui obligeront les eneignants à bouger, car «si on a grandi avec l'Internet, on a plus d'exigences sur le travail de classe que si on ne l'a pas eu», ajoute-t-elle.

Elle reconnait néanmoins qu'un débat important agite le pays entre ceux qui sont prêts au changement, et ceux qui doutent de l'efficacité réelle de l'outil dans le processus d'acquisition des connaissances. Auxquels s'ajoute une frange de contestataires purs et durs. Ceux-là estiment que les technologies nouvelles sont aux mains des entreprises qui les utilisent pour leur propre avantage, et qu'elles sont une menace pour la survie de l'école publique.

Sur le plan des résultats, il est encore tôt pour juger. Les défenseurs du Web à l'école soulignent que certains enfants passent plus de temps devant leur ordinateur que devant la télévision.

Guy Bergeron, responsable du projet Protic, l'une des multiples expériences pédagogiques menées au Canada sur le travail en classe avec Internet (voir notre article) affirme qu'en terme de savoirs acquis, les résultats sont les mêmes que pour des enfants élevés sans l'internet, et qu'ils ont en plus développé des talents d'organisation dont un élève normal ne dispose pas.

Protic a consisté à équiper chaque enseignant et élève d'une école test d'un ordinateur portable branché en réseau depuis 1994, en utilisant une pédagogie de projet le plus souvent possible. Selon lui, le principal défi pour l'enseignant est de «donner l'envie» aux élèves de chercher.

Copyright © 1999 AFP

 Les dépêches de l'AFP sur le WEM de Vancouver








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