Pour ceux qui se demandent si les renseignements personnels contenus dans les grandes banques de données informatisées du gouvernement fédéral sont sous bonne garde, voici un exemple patent de dérapage.
Deux employés du ministère Développement des ressources humaines Canada ont perdu leur emploi pour usage inapproprié de renseignements personnels.
Selon Vincent Marissal du quotidien La Presse, deux employés auraient commis des fautes assez graves pour se voir montrer la porte. D'autres employés du ministère se seraient également fait prendre la «main dans le fichier», si l'on veut, mais la gravité moins importante de leurs impairs ne leur aurait valu que des suspensions de quelques jours.
Les deux cas de congédiements ont été recensés au cours des cinq dernières années. Si le nombre d'incident paraît limité, il est important de mentionner que ces cas ne sont que ceux qui ont été découverts à l'administration centrale de DRHC à Hull. «Nous ne savons pas s'il y a eu des cas semblables dans nos bureaux en région, nous a dit Daniel Lavoie, porte-parole de DRHC. C'est en effet une possibilité.»
Mentionnons que seulement 5 000 des près de 23 000 employés du DRHC travaillent à cette administration centrale. Le reste des fonctionnaires du ministère sont éparpillés dans plus de 200 bureaux à la grandeur du pays.
Selon M. Lavoie, ces mesures disciplinaires démontrent le sérieux que son ministère accorde à la protection des renseignements personnels. Lorsque nous lui avons demandé si cela ne démontrait pas justement que le ministère accumulait un peu trop de renseignements sur les Canadiens, des renseignements peut-être plus utiles aux fonctionnaires qui les revendent qu'à son ministère, M. Lavoie n'a pas voulu se mouiller. «Il y a des policiers et des médecins qui vendent également des renseignements, a-t-il répondu. Nous nous devons d'avoir ces renseignements pour évaluer l'impact social des programmes sociaux que nous implantons.»
Si les renseignements personnels sont au cœur de ces congédiements, le fameux Fichier longitudinal qui a été mis au jour la semaine dernière par le Commissaire à la vie privée n'est pas en cause. Impossible par contre de savoir quel genre de renseignements auraient été travestis. «Nous ne pouvons pas entrer dans ce niveau de détail car le nombre peu élevé de cas rendrait l'identification des fautifs trop facile, a dit M.Lavoie. Les gens qui ne sont plus à notre emploi ont également des droits.»
Dominic Fugère
Consultez un de nos articles sur le Fichier longitudinal ainsi que le dossier du quotidien Le Devoir sur le sujet