Virus informatiques: une manne pour les fabricants d'antidotes

(AFP) Les éditeurs de logiciels anti-virus, qui ont réagi très rapidement hier pour trouver une antidote au virus «I love you», sont en plein essor depuis quelques années.

Les virus sont en effet de plus en plus nombreux chaque année: il y a aujourd'hui environ 47 000 virus recensés, soit près de trois fois plus que les 15 000 qu'on comptait en 1997, a indiqué Olivier Aichelbaum, rédacteur en chef du magazine français Le Virus Informatique.

Seule solution pour se protéger d'un virus: acheter le logiciel anti-virus correspondant auprès d'une société spécialisée. D'où la santé insolente qu'affichent aujourd'hui la dizaine de sociétés qui, dans le monde, proposent de tels logiciels antidotes.

Deux groupes américains se partagent à eux seuls 70% du marché mondial: Symantec et Network Associates (ex-McAfee), toutes deux basées dans la Silicon Valley en Californie. En 1999, ces deux éditeurs ont totalisé 1,3 milliard$ US de chiffre d'affaires, en progression de plus de 20% sur l'année précédente.

La réussite financière des éditeurs est telle qu'elle suscite l'interrogation de certains acteurs du marché. Une enquête menée l'an dernier à l'initiative du Club de la sécurité informatique français (CLUSIF) dénonçait ainsi les «liaisons dangereuses» entre les créateurs de virus et les éditeurs d'antidotes.

«Ils sont souvent en contact et il n'est pas rare que les auteurs de virus envoient leurs créations aux éditeurs avant de les diffuser sur Internet», affirme Olivier Aichelbaum.

Toutefois, aucun éditeur «n'est de mèche avec un auteur de programme malfaisant», assure François Paujet, expert virus chez Network Associates France.

Simplement, «il nous arrive d'échanger des courriers électroniques ou des messages sur les forums de discussion avec certains créateurs de virus», reconnaît-il.

«Les virus nous sont souvent signalés par les utilisateurs eux-mêmes ou par nos centres de recherche», qui, à l'aide d'un moteur de recherche, balaient sans cesse l'internet en quête de trace de programmes malfaisants, explique Eric Beaurepaire, directeur marketing de Symantec France.

Symantec a ainsi pris connaissance du virus «I love you» par plusieurs utilisateurs, a-t-il raconté. Ensuite, les informaticiens de Symantec sont entrés dans le programme du virus via son code source (la porte d'entrée du programme). Ce dernier étant facilement lisible, ce qui n'est toujours le cas, les informaticiens ont pu trouver une procédure permettant de tuer le virus.

Pour l'avenir, les sociétés anti-virus n'ont pas de souci à se faire. L'explosion d'Internet impose en effet la mise en place de logiciels de sécurité qui empêchent notamment l'intrusion dans les systèmes informatiques des entreprises ou les PC des particuliers. Tous les éditeurs se préparent depuis des mois à l'explosion de ce marché.

Copyright © 1999 AFP


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