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Microsoft doit être scindé, disent les plaignants

Canoë 
30/04/2000 17h07 

(AFP) Le département de la Justice et les 19 États américains associés à la plainte anti-trust contre Microsoft ont réclamé vendredi au juge Thomas Jackson le démantèlement du premier fabricant mondial de logiciels en deux sociétés séparées.

Ces deux compagnies, selon le schéma du gouvernement, regrouperaient pour l'une les systèmes d'exploitation (Windows) et pour l'autre des logiciels de bureau (traitement de texte, tableur...) et le navigateur Internet Explorer.

Ces mesures radicales prises contre un groupe industriel, pour la première fois aux États-Unis depuis le démantèlement de l'entreprise de télécommunications AT&T en 1984, sont réclamées pour une période de dix ans à partir de l'exécution du verdict.

Le gouvernement se garde bien de prévoir ce qui pourrait éventuellement se passer après ces dix ans d'isolement des deux sociétés.

Si le juge Thomas Jackson, qui rendra son verdict dans quelques mois, devait suivre cette requête «extrême», cela «jetterait un froid sur l'innovation dans le secteur des technologies de pointe», a déclaré Bill Gates, le co-fondateur de cette société qui emploie 35 000 salariés dans 60 pays.

Un avis que ne partage pas Joel Klein, le directeur de l'anti-trust américain qui a travaillé avec acharnement pour trainer le groupe Microsoft devant le tribunal, ainsi que le juge Jackson qui a conclu le 3 avril que Microsoft avait violé la loi anti-trust avec un comportement de monopole.

Joel Klein a ainsi rappelé que le démantèlement d'AT&T avait permis «l'explosion et l'innovation dans les télécommunications».

Celui qui est en passe de terrasser Microsoft a estimé qu'«en libérant la force de la concurrence dans le marché des systèmes d'exploitation, ce jugement va stimuler l'innovation dans l'industrie des logiciels».

En attendant, Microsoft n'est pas encore démantelé car, comme l'a rappelé Bill Gates, «c'est simplement une étape dans la procédure». D'ailleurs, le milliardaire parie que le juge ne suivra pas ces recommandations.

Le département de la Justice a demandé au juge que les grands actionnaires de la nouvelle société de logiciels ne soient pas également ceux de la compagnie chapeautant les systèmes d'exploitation.

Cette condition, selon Joe Klein, touche trois personnes. Les trois grands actionnaires individuels de Microsoft sont ses co-fondateurs: Bill Gates et Paul Allen, ainsi que Steve Ballmer, le tout nouveau P.D.G. depuis janvier.

Bill Gates devrait alors choisir où placer ses intérêts, lui qui est aujourd'hui le premier actionnaire de Microsoft avec un peu plus de 15% du capital. Joel Klein a tenu à souligner que ce procès n'était pas une affaire personnelle et que les requêtes n'étaient «en rien des sanctions contre des personnes individuelles».

Toujours au rang des sanctions, les deux nouvelles entités ainsi créées se verraient interdire de passer des alliances ou de conclure des accords de distribution réciproques tout au long de la période de bannissement.

Enfin, les plaignants ont également demandé au juge d'obliger Microsoft à donner accés au code-source (les lignes écrites d'instructions des systèmes d'exploitation), nécessaire aux fabricants d'ordinateurs et créateurs de logiciels pour étudier la compatibilité de leurs produits.

Mais l'affaire Microsoft n'est pas encore à son terme et l'exécution du jugement ne sera effective qu'une fois épuisés tous les recours comme la procédure d'appel, voire «la Cour suprême si nécessaire», a promis Steve Ballmer.

D'ici là, Microsoft doit répondre le 10 mai aux propositions du département de la Justice avant que le juge Jackson n'entende le 24 mai les deux parties pour les plaidoiries finales.

Copyright © 1999 AFP








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