Mise à jour Le nouveau service de Boeing, baptisé «Connexion», permettra aux passagers d'avoir accès à Internet avec leur ordinateur portable à partir de leur siège à compter de 2001. «Pas avant 2004», conteste Nicolas Bélanger, président de DTI, une compagnie québécoise spécialisée dans le domaine.
Selon Boeing, 48% des passagers aériens sont des hommes d'affaires et 70% d'entre eux amènent un ordinateur portable avec eux. En combinant ces chiffres avec d'autres offerts par la compagnie, cela signifie qu'au cours des 24 prochaines heures seulement, un peu plus de un million de personnes seront dans les airs, ordinateur portable à la main, mais incapable de récupérer leur courriel. Un marché auquel Boeing, comme tous les constructeurs aériens, veut s'adresser rapidement.
Les communications avec le monde extérieur seront assurées par une antenne d'environ 55 pouces (140 centimètres) située sur le toit de l'avion. Les passagers qui désirent se brancher n'auront qu'à utiliser les connecteurs prévus à cet effet à leur siège. Selon le USA Today, la vitesse de connexion est de 128 Kbits/sec, soit deux fois la vitesse d'un modem régulier 56K utilisé par beaucoup d'internautes.
Le service devrait faire son apparition dans les avions américains vers la fin 2001 et à travers le monde pour 2005 selon Boeing. Éventuellement, le système pourrait être adapté pour être installé sur des bateaux de croisière, des plateformes pétrolières ou des avions militaires. Boeing n'entend pas se limiter à ses propres appareils et veut offrir l'installation de ses équipements sur des avions privés ou ceux de petits transporteurs.
Nicolas Bélanger, président de DTI, n'est pas emballé plus qu'il ne le faut par l'annonce. DTI, qui se spécialise dans la création d'applications et de systèmes d'exploitation pour les terminaux offerts aux passagers par certaines compagnies aériennes, a récemment fait l'objet d'une acquisition par l'important groupe Infogrames.
Selon lui, les infrastructures disponibles actuellement dans les avions rendent impossibles les communications soutenues nécessaires à l'accès Internet. Bien que Boeing annonce que l'antenne située sur le toit de l'avion peut tourner sur elle-même pour automatiquement conserver un alignement idéal avec ses satellites, Nicolas Bélanger maintient que cette technologie n'est pas encore au point. «Les compagnies aériennes sont devenues frustrées à force de toujours se faire vendre du vaporware, explique-t-il.»
Chez Bombardier Aéronautique, constructeur d'avions privés ou à petite capacité, les divers représentants interrogés n'étaient pas au courant de l'annonce de Boeing et ne croyaient pas que des recherches visant à mettre sur pied un système semblable étaient entreprises au sein de la compagnie.
L'utilisation de ces équipements sera toutefois assez dispendieuse. Boeing prévoit que les coûts avoisineront ceux de l'utilisation d'un téléphone cellulaire, tout en espérant les maintenir sous la barre des 30$ l'heure. Actuellement, la seule méthode d'accès à Internet possible, par téléphone, est très coûteuse (environ 12$ US la minute) et n'est pas encore très fiable.
Certaines parties de l'équipement nécessaire à «Connexion» ayant d'abord été créée par la division militaire de Boeing, certains analystes financiers accueillent l'annonce avec optimisme, satisfaits de voir Boeing créer des liens entre ses divisions de recherche.
Jean-François Codère
L'article du USA Today