Analyse Le 19 avril dernier, le présumé pirate informatique Mafiaboy est arrêté par la gendarmerie royale canadienne (GRC). Ça, c'est du concret. Tout le reste n'est que spéculation. Récit d'un dérapage médiatique.
Bouc émissaire idéal d'une e-Amérique corporative en mal d'adversaire (les États-Unis, c'est connu, aiment se définir en gendarmes du globe luttant contre le Mal), Mafiaboy serait le responsable des attaques informatiques massives qui ont paralysé pendant quelques heures en février dernier les méga sites des CNN, Yahoo!, Amazon.com et consorts (voir notre article sur ces attaques). La ministre américaine de la Justice Janet Reno veut un coupable: «Mafiaboy doit être puni», a-t-elle déclaré le jour de son arrestation.
À la suite d'une enquête de deux mois, la GRC met le grappin sur un adolescent de 15 ans surnommé «Mafiaboy». La police, ni les médias ne peuvent révéler son nom, les lois canadiennes empêchant la divulgation de tout renseignement permettant d'identifier un mineur traduit en justice.
Ainsi, les faits sont les suivants: lors de sa comparution le 17 avril devant le tribunal de la Jeunesse, Mafiaboy a été mis sous le coup de deux chef d'accusations de «méfaits concernant des données» relativement à l'attaque dont a été victime CNN.com et environ 1 200 autres sites hébergés au même endroit le 8 février dernier. La GRC, qui poursuit l'enquête, a préféré arrêter Mafiaboy immédiatement afin d'empêcher que d'autres crimes soient commis.
Et voilà pour la GRC, qui décidément ne se tourne pas les pouces (une bonne utilisation de nos impôts, doivent se dire les contribuables canadiens). D'ailleurs, les six membres de l'escouade montréalaise des crimes informatiques ont travaillé à mettre sur pied une preuve très imposante, selon un des procureurs de la Couronne. La police enquête, c'est son boulot. Du coté des médias, en revanche, on fait un peu plus que le client ne le demande... (suite de l'analyse)
Jean-Sébastien Marsan
Voir notre article sur l'arrestation de Mafiaboy