Deux grandes entreprises américaines de l'informatique et d'Internet, dont l'une est née dans un incubateur de PME, deviennent incubateurs elles-mêmes. Pour la suite des affaires.
Le portail Lycos a annoncé hier la création dans la région de Boston de LycosLabs, incubateur de start-up, ces «'tite 'tite entreprises» qui rêvent tous de se faire plus riches que Microsoft. Lycos est elle-même détenue par l'entreprise qui l'a incubée, CMGI.
Hier toujours, le fabriquant d'ordinateurs Dell a étendu les activités de sa filiale Dell Ventures pour la transformer en incubateur, plus spécifiquement d'entreprises de commerce électronique. Dell n'en est pas à ses premières participations dans des entreprises naissantes, ayant investi 700 millions$ dans plusieurs boîtes aujourd'hui célèbres: Red Hat, StorageNetworks et le portail chinois Sina.com.
Ces annonces démontrent que les grandes entreprises du numérique suivent les traces des banques, firmes en capital de risque et autres institutions financières qui, jusqu'ici, constituaient l'essentiel des incubateurs de petites entreprises du Net. Par exemple, la banque d'investissement américaine JP Morgan (voir notre article) et l'éditeur de logiciels et investisseur japonais Softbank (voir la dépêche de l'AFP) en ont fait une de leurs spécialités. Aux États-Unis, le plus connu des incubateurs à l'âge d'Internet demeure idealab!, à qui l'ont doit des entreprises comme le cybercommerce de jouets eToys, le répertoire d'offres d'emplois Jobs.com, le portail GoTo.com, le vendeur de PC eMachines et plusieurs autres (voir la liste dans le site d'idealab!).
Les incubateurs d'entreprises ont vu le jour aux États-Unis au début des années 70. La formule, aujourd'hui adoptée dans le monde entier, est constituée d'une université, d'un centre de recherche, d'une association communautaire ou d'une grande entreprise offrant aux entrepreneurs des commodités physiques à bas prix (espace de bureau, entrepôts, réception, matériel informatique, etc.) ainsi que des conseils en gestion. Les incubateurs investissent dans les petites entreprises en espérant être remboursés un jour. À cet égard, lorsqu'il sort de la couveuse, l'entrepreneur a trois possibilités: voler de ses propres ailes en conservant son indépendance, ouvrir son capital au public (être coté en Bourse) ou se faire acheter par une autre entreprise.
Dans l'univers des nouvelles technologies de l'information et de la communication, les infrastructures physiques comptent beaucoup moins que les conseils et le fameux capital de risque. Il existe même au pays de l'Oncle Sam un incubateur se définissant comme entièrement virtuel, Startups.com.
Jean-Sébastien Marsan
Détails dans l'article d'internet.news.com, dans celui de CNET News.com et dans la dépêche de Reuters
Les investissements en capital de risque au Québec tels que colligés par le Réseau de capital de risque du Québec