(AFP) Les négociations en vue d'un règlement à l'amiable dans le procès anti-trust contre Microsoft étaient dans la dernière ligne droite d'autant que le juge Thomas Jackson s'apprête à rendre son verdict, probablement dès mardi.
Les propositions d'accord transmises par Microsoft étaient toujours étudiées par le gouvernement américain. Le bureau du juge s'en tenait toujours à un laconique «pas de commentaire».
Les propositions de Microsoft, «dans leur principe, semblent aller très loin pour répondre aux préoccupations spécifiques soulevées par le gouvernement et sur lesquelles le tribunal a insisté», a estimé aujourd'hui William Kovacic, professeur en droit et expert anti-trust de l'Universite George Washington.
Pour ce dernier, le gouvernement pourrait trouver «suffisamment de raisons pour continuer à discuter» et le juge devrait accorder un délai supplémentaire, «mais je doute que ce soit au delà de cette semaine», a-t-il ajouté.
Selon l'expert, l'implication de Bill Gates dans les négociations révèle que le groupe «est conscient que le point de non retour est atteint».
Bill Gates avait eu une entrevue il y a quelques semaines avec le juge Richard Posner, le médiateur nommé par le juge Jackson en novembre, et les deux hommes se seraient parlés au téléphone samedi, selon des sources citées par le Wall Street Journal.
En novembre, le juge Jackson a estimé que Microsoft détenait une position de monopole avec Windows ce qui penche pour un verdict sévère pour le premier fabricant mondial de logiciels (voir la dépêche de l'AFP).
Une raison qui pousse Microsoft à être le fer de lance dans les négociations qui doivent vraisemblablement «être assombries par l'expérience du dernier accord à l'amiable» entre les mêmes deux parties en 1995, a souligné M. Kovacic.
À l'époque, les autorités anti-trust et Microsoft avaient conclu un accord par lequel le groupe s'engageait à ne pas lier les droits d'installation de son logiciels Windows à d'autres produits. Selon le gouvernement, Microsoft n'a pas respecté cet accord notamment en liant son logiciel de navigation Explorer au système d'exploitation Windows.
Cette fois-ci, Microsoft pourrait proposer d'être soumis à des audits ponctuels indépendants et accepter des pénalités définies au départ qui seraient imposées en cas de violation de l'accord, selon M. Kovacic.
Parmi les propositions d'accord à l'amiable, Microsoft offrirait d'ouvrir le code source de Windows, pour permettre aux fabricants d'ordinateurs et éditeurs de logiciels d'ajouter des applications concurrentes comme des logiciels de navigation sur l'Internet, selon la presse américaine.
Le groupe proposerait également de vendre une version de Windows sans son logiciel de navigation Internet Explorer. Microsoft abandonnerait sa pratique de prix différents pour les fabricants d'ordinateurs, pénalisant ceux qui pourraient avoir différents fournisseurs et avantager d'autres qui s'approvisionnent auprès de Microsoft.
© 1999 AFP