Quebecor et la Caisse de dépôt et placement du Québec ont fait hier une contre-offre à 49$ par action pour l'acquisition de Vidéotron, soit 500 millions $ de plus que l'ontarien Rogers Communications.
Si Quebecor acquiert le Groupe Vidéotron, il entend fonder une nouvelle société appelée Quebecor Média qui regrouperait la totalité des actifs de Vidéotron et ses actifs de contenu et de technologie Web, soit ses placements dans le Groupe Informission, dans Corporation Sun Media, tous les actifs détenus par Quebecor Nouveaux Médias y compris les portails Internet Canoe, tous les actifs reliés à l'édition de livres, de magazines et de journaux ainsi que son placement dans le Groupe Archambault. Le réseau de télévision TVA, qui avait été exclu de l'offre faite par Rogers, fait aussi partie de la transaction (NDLR: TVA et Vidéotron contrôlent chacun 27% des actions de Netgraphe, l'éditeur de Multimédium).
Quebecor s'engage à injecter 1,034 milliard$ dans la nouvelle société, tandis que Capital communications CDPQ (une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec) ajoutera 435 millions$ à la cagnotte. La Caisse s'est aussi engagée à convertir les actions qu'elle détient aujourd'hui dans Vidéotron en actions de Quebecor Média.
Au terme de la transaction, Quebecor et Capital Communications détiendraient respectivement 54,6% et 14% de Quebecor Média. Une contrepartie totale ayant une valeur de 49$ par action est proposée aux actionnaires du Groupe Vidéotron, laquelle sera payable par une combinaison de 28,41$ comptant et d'actions de la nouvelle entité. Le patron de Quebecor, Pierre-Karl Péladeau, a cependant précisé que le ratio actions/comptant pouvait être ajusté selon les désirs et les besoins de certains actionnaires. Il a notamment évoqué le cas de la famille Chagnon, qui pourrait se retrouver avec plus de comptant que d'actions.
Cette offre de Quebecor scelle le sort de la réunion des actionnaires de Vidéotron, qui devaient voter lundi prochain sur la proposition faite par Rogers et acceptée à l'unanimité par le conseil d'administration. La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui s'opposait à la transaction, a d'ailleurs obtenu une injonction empêchant Vidéotron de tenir un vote sur l'offre de Rogers avant le 3 avril.
En dépit de l'offre de Quebecor, le président de Vidéotron, Claude Chagnon, a réitéré par voie de communiqué son appui à la transaction de Rogers. «Dans un monde de convergence, qui place Vidéotron en concurrence directe avec Bell Canada, la fusion avec Rogers est la seule qui comporte des éléments essentiels de succès, comme la taille, l'éventail de produits et services, ainsi que la flexibilité financière», écrit-il.
On comprend mieux la réaction de M. Chagnon lorsqu'on sait que la famille Chagnon serait tenue de verser une pénalité de quelques dizaines de millions$ à Rogers Communications en cas d'échec de l'entente avec Rogers...
Dominic Fugère