(AFP) Les nouvelles mesures anti-piratage décidées par les autorités de Moscou et qui doivent entrer en vigueur demain menacent l'existence de Gorbouchka, le super-marché moscovite du disque et de la vidéo qui attire chaque week-end des milliers d'amateurs, s'inquiéte aujourd'hui la presse russe.
Les articles piratés représentent de fait 90% des produits vendus sur le marché Gorbouchka. Installé dans un parc à l'ouest de la capitale russe depuis le début des années 1980, Gorbouchka a fait connaître aux Moscovites les plus grands classiques de la culture mondiale inaccessibles à l'époque soviétique.
La municipalité de Moscou a interdit à partir du 1er mars la vente à l'étalage de toute production informatique et audio-visuelle (disques, cassettes, DVD et CD-ROM) qui ne porterait pas de marque de licence, la pastille infalsifiable prouvant l'origine du produit.
Une unité de la police spéciale est chargée de contrôler l'application de cette mesure, et devrait dès ce week-end arpenter les étals de fortune et les centaines de stands qui offrent en plein air au chaland des dizaines de milliers de titres généralement piratés.
Le chiffre d'affaires mensuel de Gorbouchka s'élève à plus de 45 millions$, selon les services fiscaux de la ville cités mardi par le quotidien des affaires Vedomosti.
Mais si le prix du CD passe de 80 roubles actuels (moins de 3$) au «prix officiel de 12$», le marché risque de fermer et les Russes de se retrouver sans disques, cassettes et vidéos qu'ils ne pourront plus s'offrir, relève de son côté le journal Segodnia.
Le salaire moyen mensuel d'un Russe s'élevait en janvier à 1,820 roubles (63$), selon le Comité d'État aux statistiques.
En juin dernier, la mairie de Moscou avait déjà dit déclarer la guerre au piratage audio et vidéo, mais rien ne s'était concrétisé.
Le piratage prive la mairie, l'État russe et les producteurs russes et occidentaux de centaines de millions$ de taxes et droits divers.
© 1999 AFP