(AFP/MM) Les produits de communication sans fil, permettant de supprimer les câbles entre les appareils informatiques et de communication, progressent plus lentement que les besoins de raccordement d'appareils portables toujours plus nombreux, pouvait-on constater la semaine dernière au salon informatique CeBIT de Hanovre (Allemagne).
La technologie Bluetooth a été lancée en 1998 par Intel, Nokia, Ericsson et Toshiba, pour créer une norme de transmission par radio sur quelques mètres entre toutes sortes d'appareils, ordinateurs, téléphones ou même appareils ménagers.
Baptisée ainsi d'après un joyeux conquérant viking qui a unifié le Danemark, cette technologie utilise les fréquences inutilisées autour de 2,4 gigahertz pour permettre à des appareils de se reconnaître et échanger des données, des sons ou des images, sans avoir à être en face l'un de l'autre comme dans les transmissions infra-rouge.
Au CeBIT 1999, de nombreux fabricants assuraient que cette technologie deviendrait une réalité dès le début 2000. Cette année, plus de 1 300 sociétés proclamaient qu'elles adhéraient à cette norme, à laquelle Microsoft vient de se rallier. Mais les applications commercialisées ou en voie de l'être étaient encore très rares, et les fabricants reconnaissaient généralement que leurs produits ne seront pas disponibles avant la fin 2000.
Pour épargner à l'utilisateur la nécessité de trimballer des câbles de raccordement et surtout d'avoir à résoudre les innombrables problèmes d'incompatibilité des données entre appareils, les industriels privilégient plusieurs moyens. Les ordinateurs portables devraient par exemple faire appel majoritairement à la carte PC-Card, qui s'introduit dans la fente latérale destinée à recevoir mémoire supplémentaire ou modem-carte.
IBM présentait ainsi ses premières PC-Cards Bluetooth destinées à ses ordinateurs de la série Thinkpad, tandis que le Japonais TDK montrait des produits Bluetooth de trois sortes: dans des cartes flash, des PC-Cards, ou même se branchant simplement sur une sortie USB. Ces produits seront sur le marché au troisième trimestre, de même que des cartes présentées par l'américain Xircom.
Si l'ordinateur portable est ainsi facilement connectable, le téléphone mobile apparaît comme le premier candidat à l'utilisation des technologies Bluetooth: le Suédois Ericsson présentait un casque-micro relié sans fil à un téléphone mobile, commercialisable à la fin du premier semestre. Les conducteurs pourraient ainsi utiliser leur portable sans lever les mains du volant, assuraient les responsables du groupe.
Équipés d'écouteurs sans fil, avec un micro très fin, les utilisateurs de téléphones portables, qui semblent parfois parler tous seuls dans la rue lorsqu'ils utilisent un micro et un écouteur reliés par un fil, paraîtront encore plus étranges.
De son coté, Toshiba a présenté un prototype de conférence-video, utilisant des images compressées au format MPEG4, qui pourrait être utilisé également pour diffuser des images dans les salles d'attente d'aéroports.
L'importance pour les produits numérique de se connecter les uns aux autres est telle que les industriels estiment que le principal frein à la diffusion de Bluetooth pourrait être la pénurie de processeurs.
Par ailleurs, le travail de bureau flexible et sans papier a retenu l'attention de beaucoup d'exposants à la grande foire informatique de Hanovre.
Pour l'instant encore, environ 1,5 milliard de feuilles de papier est produit chaque jour dans le monde entier, selon le CeBIT. Mais, déjà, dans de nombreuses sociétés, les bons de livraison aux clients ou les factures sont numérisées et aussitôt classés dans le fichier correspondant sur ordinateur. Ils peuvent être retrouvés à tout moment par un simple clic de souris.
Cela permet des économies drastiques. Car, selon une étude du cabinet de consultant Anderson Consulting, citée par un exposant, une recherche dans une archive-papier coûte de 3,50 à 7$ CA par feuille. En plus, les salariés gagnent du temps. Ils passent encore actuellement entre 150 et 170 heures par an à retrouver les documents dont ils ont besoin, estime le CeBIT.
La saisie de texte tend aussi progressivement à disparaître: les numériseurs ou les logiciels de reconnaissance vocale, dont les prix ne cessent de baisser, font de plus en plus partie du quotidien des firmes. Le courrier électronique remplace aussi de plus en plus souvent les lettres et les envois par fax. Ainsi, chez le géant des médias allemand Bertelsmann, depuis l'arrivée du nouveau dirigeant Thomas Middelhoff, il y a un an et demi, toutes les communications internes se font par courriel.
Le bureau devient toutefois chaque jour plus flexible. Grâce aux ordinateurs et téléphones portables, toujours plus rapides et plus performants, les salariés ont la possibilité de travailler partout et à tout moment. Certains exposants, comme le groupe électronique japonais NEC, présentent cette année des terminaux équipés d'un écran-miniature, d'une caméra et d'un micro permettant des vidéo-conférences entre collègues en déplacement. De nouvelles techniques qui créent cependant des problèmes d'encadrement des employés et une dépendance envers des technologies parfois peu stables...
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