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Echelon n'inquiète pas Trautmann

Canoë 
22/02/2000 17h02 

La ministre française de la Culture et des Communications Catherine Trautmann était au Milia la semaine dernière au même moment où la France a dit qu'elle considérait prendre des actions contre les pays membres du réseau d'espionnage Echelon. Si les allégations semblent sévères, la ministre ne semblait pas s'attendre à une escalade à grande échelle.

Selon Mme Trautmann, les poursuites que la France envisage contre les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie serviront à clarifier les règles à appliquer en ce qui a trait aux renseignements personnels et à leur transit électronique. Elle n'y voit pas un point de discorde diplomatique entre la République et ces pays qui figurent au nombre de ses amis, même dans le cas de l'Angleterre avec qui les négociations sur l'Union européenne sont délicates.

«Évidemment, tout ce débat autour de l'interception des communications et la sécurité des réseaux pose des interrogations au niveau de la déontologie, nous a expliqué Mme Trautmann. La question du respect de la vie privée est posée mais la coopération entre nos pays permet d'avoir des discussions posées, polies. Les échanges étaient déjà en marche mais un tel cas pratique permet de bien exposer la question.»

D'ailleurs, comme nous le disions plus tôt aujourd'hui, la commission des Libertés civiles du Parlement européen étudiera le «dossier Echelon» demain.

La ministre ne savait pas si les actions diplomatiques possibles de la France se basaient sur d'autres présomptions que celles entourant le contrat perdu par Airbus dont nous parlions la semaine dernière.

En revanche, elle affirme que les directives quant à la transmission électronique des renseignements par les parlementaires français n'ont pas changé. Même à la lumière des allégations (que certains de ces collègues voient maintenant comme certitudes) que le réseau Echelon intercepte les communications ministérielles françaises. «Les directives ont été données depuis longtemps, explique Mme Trautmann, et toute l'administration française est tenue de suivre ces procédures afin de s'assurer de la confidentialité des échanges. Il n'y a cependant rien de nouveau.»

Une position bien optimiste lorsque comparée à celle du juriste français Jean-Pierre Millet qui affirmait la semaine dernière «qu'à chaque fois qu'un ministre français passe un coup de fil d'un portable, il est enregistré»...

Dominic Fugère

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