Le «Netdiffuseur» canadien iCraveTV est accusé de tous les maux de la Terre par dix studios de cinéma, trois réseaux de télévision et deux ligues sportives professionnelles, et on en attend quelques autres pour aujourd'hui. Il y a des jours comme ça...
Pour ajouter l'insulte à l'injure, iCraveTV a dû se résigner à ne rien diffuser durant la fin de semaine, alors que son service aurait pu être d'une très grande utilité aux centaines de milliers de Canadiens frustrés de ne pouvoir avoir accès aux fameuses publicités américaines durant la diffusion du Super Bowl.
Lancé à la fin novembre, iCraveTV diffuse en temps réel la programmation de 17 chaînes de télévision disponibles par ondes hertziennes dans la région de Toronto, dont plusieurs américaines. À peine une semaine après son inauguration, iCraveTV s'était vu servir un ultimatum par l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), qui n'a pas été respecté.
C'est un juge de la région de Pittsburgh aux États-Unis qui a émis l'injonction forçant iCraveTV a retirer son service, du moins temporairement. Techniquement, l'injonction obligeait seulement iCraveTV à empêcher les Américains d'avoir accès à son contenu, mais iCraveTV a dû se faire à l'idée qu'elle n'était pas pour le moment en mesure de départager de façon certaine les visiteurs canadiens et américains.
C'est d'ailleurs ce à quoi travaille iCraveTV en ce moment: trouver un moyen de restreindre l'accès à sa programmation aux téléspectateurs canadiens afin d'éviter tout conflit aux États-Unis. Apparemment, la compagnie ne s'attend pas à une solution valable avant une semaine. «Nous essayons de recréer le 49e parallèle sur Internet», a décrit le président de iCraveTV, William Craig. Pouvons-nous lui suggérer de réorienter le plan d'affaires de sa compagnie vers la vente de solutions technologiques s'il atteint cet exploit?
Il se pourrait bien que ces efforts soient vains puisque l'Association canadienne de production de film et télévision a elle aussi déposé aujourd'hui une poursuite contre iCraveTV, cette fois devant les tribunaux canadiens. L'ACR devait en faire autant, mais il nous a été impossible d'obtenir la confirmation du dépôt de la poursuite auprès de l'association ou sur son site Web.
Jean-François Codère
Les articles du Globe and Mail, du National Post et de ZDNet News sur les déboires de iCraveTV