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Commerce électronique: trois «trousses» pour appuyer 5 000 PME québécoises

Canoë 
27/01/2000 17h00 

Le gouvernement du Québec a annoncé aujourd'hui une subvention de 580 000$ pour des «trousses» d'aide au développement du commerce électronique chez les petites et moyennes entreprises (PME) québécoises de trois secteurs économiques: les bureaux de comptables, la métallurgie et l'agriculture.

Ces «trousses» (sites Web, documents imprimés, CD-ROM) constituent des stratégies de déploiement et de communications en commerce électronique spécifiquement conçues pour des bureaux de comptables, des entreprises de produits métalliques et des producteurs agricoles (surtout l'horticulture et le maraîcher). Ces trousses ont été réalisées dans le cadre du projet INFO-PME du Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO), lancé en 1998. Les 580 000$ proviennent du Fonds de l'autoroute de l'information du gouvernement du Québec.

Ainsi, plus de 1 500 petits et moyens cabinets de comptables, moins bien équipés que les grands cabinets transnationaux, bénéficieraient d'ici mai 2000 d'une solution de commerce électronique adaptée à leurs besoins (coût pour Québec: 230 000$). La trousse concernera plus que la transmission des déclarations d'impôts par voie électronique (que les comptables font déjà). Les cabinets pourront utiliser des services additionnels «à valeur ajoutée», telle la «possibilité de servir d'intermédiaires auprès des institutions financières», a déclaré ce matin en conférence de presse Gérard Caron, directeur général de l'Ordre des comptables agréés du Québec. Les comptables pourraient même payer en ligne leur cotisation à l'ordre, a ajouté M. Caron.

Dans le domaine des produits métalliques, la mise en place du portail Netmétal permettrait à environ 3 000 entreprises de développer des transactions en ligne. Un montant de 200 000$ a été alloué à la conception de ce site Web, dont le lancement est aussi prévu pour mai 2000.

Pour les entreprises agricoles, secteur moins technophile que les deux précédents, l'enjeu consiste davantage à sensibiliser le milieu qu'à leur offrir une killer application (ou «la» solution de commerce électronique idéale). Une somme de 150 000$ sera investie auprès d'entreprises surtout préoccupées par l'amélioration de la livraison de produits selon la méthode de gestion «juste à temps» (sans stocks).

En conférence de presse, François Taschereau, chef de la direction de Groupe Fortune 1000 (une division de QuébecTel), a raconté une anecdote significative. Pendant la dernière période des Fêtes, un de ses amis a pris l'avion de New York pour le Québec. Il a réservé son billet sur le cybercommerce américain Priceline.com, pour la somme de 150$, un énorme rabais comparativement au 450$ qu'il s'attendait à payer à une agence de voyage traditionnelle. Interrogé sur la pertinence de cette stratégie commerciale déflationniste, François Taschereau a répondu: «En tant qu'ancien propriétaire de PME, je peux vous dire que c'est extrêmement inquiétant. Mais les communautés [d'entreprises] elles-mêmes, si elles apprennent à se servir du nouveau médium qu'est le commerce électronique, pourront bénéficier d'une force de groupe et en tirer profit.»

Le travail sur les trois trousses, testées puis validées, a duré 18 mois, a précisé Monique Charbonneau, P.D.G. du CEFRIO. Ces «boîtes à outils», selon l'expression du ministre délégué à l'Autoroute de l'information et aux Services gouvernementaux du Québec David Cliche, s'inscrivent dans la stratégie de «projets multiplicateurs» de son ministère, à savoir une approche sectorielle susceptible de faire boule de neige plutôt que des mesures s'adressant indifféremment à toutes les entreprises du Québec. Le controversé projet de Salon virtuel de la pourvoirie et du plein air dévoilé en décembre dernier (voir notre article) s'inscrit dans cette stratégie, a d'emblée souligné le ministre.

Figurent aussi en tant que partenaires dans la conception des trousses l'Alliance des manufacturiers et exportateurs du Québec, la Confédération des caisses populaires et d'économie Desjardins du Québec, l'Ordre des comptables agréés du Québec, QuébecTel, l'Union des producteurs agricoles ainsi que des ministères québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, de l'Industrie et du Commerce et du Revenu.

Jean-Sébastien Marsan

 Détails dans le communiqué.
 Notre article résumant la dernière l'étude du CEFRIO sur l'appropriation des technologies de l'information et de la communication par les entreprises québécoises








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