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Virgin envisage délaisser les disques pour les MP3... si les profits sont là

Canoë 
27/01/2000 17h00 

Virgin Megastore songe à suivre la musique du commerce en ligne.

Virgin Megastores envisage modifier sa marchandise offerte en magasins si les marges de profits ne rencontrent pas les bénéfices générés par sa boutique virtuelle. Le format MP3 pourrait bien être la solution lui permettant de suivre la musique…

Le groupe Virgin a déjà aménagé dans ses Megastores des postes d'accès à Internet qui permettent le téléchargement de fichiers MP3. Deux options s'offrent aux clients: télécharger un album en entier ou sélectionner dix pièces musicales qui seront gravées sur un CD.

De toute l'industrie, la maison s'affiche comme l'une des plus favorables à cette nouvelle forme de commercialisation. L'étiquette a déjà appuyé le lancement virtuel du dernier disque de David Bowie, Hours. Les web-trotteurs ont pu télécharger l'album deux semaines avant que celui-ci n'atterrisse sur les rayons des magasins.

Luc Bois, vice-président des technologies chez Intellia (firme responsable du site Archambault.ca), estime que le marché est mûr pour la commercialisation des MP3, et ce malgré les risques de piratage qu'elle occasionne. «Certes, la qualité du format MP3 n'égale pas celle du CD, mais le public n'est pas en mesure d'apprécier la différence», ajoute le vice-président.

M. Bois précise que «si les MP3 laissent présager des profits énormes, Virgin risque de subir le contre-coup d'un projet trop avant-gardiste. À ses débuts, le groupe essuiera probablement des pertes financières».

Il exprime quelques réserves quant au projet de téléchargement en succursale caressé par Virgin. «L'avantage du MP3 est justement sa formule d'achat/consommation instantanée qu'il est possible d'effectuer à domicile, explique t-il. Reste que le concept de sélection des pièces est alléchant.» M. Bois souligne toutefois un risque: celui que les artistes ne se contentent plus que de produire quelques pièces, faute de demande pour des albums originaux.

Mais que les adeptes du magasinage traditionnel se rassurent devant ce qui semble être l'un des premiers signes de l'apocalypse du centre commercial! Le magasinage virtuel a beau croître en accéléré, il ne représente encore qu'un maigre 1% de la totalité des achats effectués aux États-Unis.

En matière de commerce en ligne, le directeur exécutif de Virgin Megastore, Simon Wright, parle d'évolution plutôt que de révolution. Selon Luc Bois, nous n'apercevons encore que la pointe de l'iceberg en ce qui concerne l'importance du MP3 pour l'industrie musicale. «Et si le MP3 est bon pour les artistes à succès américains et étrangers, le marché québécois n'hésitera pas à entrer dans la parade», prévoit M. Bois. Les consommateurs nostalgiques pourront toujours trouver leur salut dans la vocation «MP3» qu'envisagent les grandes surfaces de l'industrie du disque... Le magasinage continuera ainsi à atténuer la morosité des dimanches gris!

Andrée-Anne Léonard








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