Un chercheur de l'université George Washington (GWU) dit avoir déterré des documents prouvant l'existance du réseau mondial d'espionnage Echelon. Au grand dam des conspirationnistes, le projet serait beaucoup moins étendu que le laissent entendre les rumeurs.
Jeffrey Richelson, un dépouilleur d'archives oeuvrant pour le projet National Security Archives de la GWU (aucun lien avec la National Security Agency qui piloterait le programme Echelon aux États-Unis), a réussi à trouver des documents expliquant l'existence et les fonctions d'un groupe de sécurité navale basé à Sugar Grove (Virginie occidentale).
Le projet connu sous le nom d'Echelon serait un réseau d'interception des communications bâti par les États-Unis, le Royaume-Uni et plusieurs de leurs alliés comme le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
M. Richelson a réalisé un véritable travail de moine en examinant scrupuleusement un impressionnat volume de documents qu'il a obtenu depuis quelques années en vertu de la loi américaine d'accès à l'information.
Pour la première fois, M. Richelson a publié ses trouvailles sur le Web. S'il confirme l'existence d'un tel projet, l'archéologiste des documents exprime toutefois certaines réserves quant à sa taille et son influence. «Les [directives navales] spécifient également qu'une des responsabilités du commandant des opérations de Sugar Grove est de "s'assurer que la vie privée des citoyens américains est respectée selon les [lois] américaines"», explique M. Richelson.
Une des grandes rumeurs entourant Echelon veut qu'il soit utilisé pour espionner les citoyens mêmes des pays qui le déploient.
Si les trouvailles de M. Richelson calmeront les Américains, il n'est pas dit que les citoyens des autres pays qui participeraient à Echelon doivent pour autant être rassurés. Pour l'instant, on n'a que des preuves que le réseau existe et que la vie privée des Américains est protégée. Avec ce réseau transnational en place, rien encore ne prouve que les Australiens, les Anglais ou les Canadiens ne voient pas leurs communications interceptées. Après tout, il faut bien que les espions espionnent quelqu'un...
Dominic Fugère
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