Le détaillant de jouets en ligne eToys.com a finalement abandonné une fois pour toutes la guerre qui l'opposait au regroupement d'artistes Etoy, détenteur du nom de domaine etoy.com. eToys.com remboursera même les frais d'avocats de Etoy. La «main invisible du marché» a parlé...
Depuis le dépôt de la poursuite, au début du mois de décembre, le titre de eToys.com échangé sur le Nasdaq, est passé de 70$ US à 20$ US. Il s'est même permis de plonger quelques fois sous la barre des 20$ US, qui représente le prix de départ de l'action. On est même en droit de se demander si ce n'est pas simplement pour pouvoir utiliser sans risque de confusion le symbole boursier «ETOY» que eToys.com, qui utilise actuellement le symbole «ETYS» a mené cette lutte.
Pour un géant du commerce électronique comme eToys.com, la capitalisation boursière est l'atout premier de la compagnie et une grande partie de cette capitalisation repose sur les promesses d'avenir et la popularité du site. Dès le départ, le groupe d'artistes avait identifié le talon d'Achille du géant et avait lancé une grande campagne visant à informer le public et les financiers de la situation. Force est d'admettre que le message a été convaincant.
eToys avait déjà annoncé se retirer du dossier il y a environ un mois. Un examen plus approfondi de la situation avait démontré qu'eToys tentait d'enterrer la situation s'en véritablement abandonner la poursuite, se contentant «de ne plus aller de l'avant». Les pressions avaient donc repris et Etoy est maintenant libéré de tous tracas, puisque même ses frais d'avocats seront défrayés par le géant américain.
Etoy pourrait même sortir grandi de cette bataille qui a placé son nom dans des dizaines ou même des centaines de médias à travers la planète. Le groupe prévoit d'ailleurs une exposition à New York, la deuxième du groupe seulement, qui préfère se consacrer au Web. Le concept de cette exposition est «Toywar», la guerre des jouets, surnom donné à cette lutte autour de noms de domaine.
Le règlement hors cour évite à la justice américaine la délicate mission de décider de qui, entre un géant local et un groupe d'artistes européens établi deux ans avant ledit géant, est le cybersquatteur...
Jean-François Codère
Le webillard Slashdot présente les commentaires de l'avocat et des responsables du groupe d'artistes Etoy