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Chine: renforcement du contrôle politique sur Internet

Canoë 
26/01/2000 17h00 

(AFP) La Chine communiste, soucieuse de préserver son contrôle de l'information, a annoncé mercredi une nouvelle réglementation sur la protection des secrets d'État sur Internet, prévoyant de traduire devant les tribunaux les auteurs des infractions les plus graves.

Aux termes de cette réglementation, publiée mercredi par Le Quotidien du peuple, toute information chinoise ne pourra plus être diffusée sur des sites connectés avec le reste du monde sans avoir reçu «l'autorisation du département chargé de la protection des secrets d'État».

«Toute divulgation de secret d'État devra être punie selon la loi», précise par ailleurs l'article 14 de cette réglementation en 20 points, rendue publique alors que le nombre des internautes a quadruplé l'an dernier en Chine pour atteindre 8,9 millions fin décembre.

Pour diffuser une information chinoise n'ayant pas encore été publiée par un média officiel chinois, il sera désormais nécessaire d'obtenir le feu vert «des départements concernés», tandis que tous les sites Web créés en Chine tant par des individus que par des organismes devront avoir reçu l'autorisation du département chargé de la protection des secrets d'État.

Aucune information n'a pu être immédiatement obtenue sur ce département qui pourrait dépendre du ministère de la Sécurité d'État, principalement chargé du renseignement et du contre-espionnage.

La réglementation interdit également formellement aux sites Web toute diffusion ou discussion «d'informations impliquant des secrets d'État» sous peine de perdre le droit d'avoir accès à Internet, voire d'être poursuivi en justice pour divulgation de secrets d'État.

La définition d'un secret d'État est particulièrement large en Chine et peut en pratique s'appliquer à pratiquement toute information non officielle. Sa divulgation est, dans les cas les plus graves, passible de la peine de mort.

Les autorités communistes chinoises s'efforcent depuis deux à trois ans de développer rapidement Internet pour des raisons économiques, tout en continuant à vouloir contrôler son contenu.

La Chine vient ainsi de faire savoir qu'elle envisageait d'ouvrir son marché lucratif d'Internet aux investisseurs étrangers. Dans une récent entretien accordé à un journal chinois, le ministre chinois de l'Industrie de l'Information Wu Jichuan avait indiqué que la Chine allait permettre aux investisseurs étrangers de prendre des participations allant jusqu'à 50% dans les fournisseurs chinois de services Internet de trois grandes villes (Canton, Shanghai et Pékin) d'ici à la fin mars.

Mais dans le même temps, les autorités qui continuent à contrôler strictement les médias traditionnels, n'entendent pas autoriser une circulation libre de l'information en Chine.

C'est ainsi que Lin Hai, 30 ans, un ancien responsable d'une société de logiciels, avait été condamné à deux ans de prison en janvier dernier pour «incitation au renversement de l'État» après avoir fourni quelque 30 000 adresses de courriels chinois à des revues dissidentes à l'étranger.

Copyright © 1999 AFP








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