De plus en plus de pirates du monde virtuel doivent maintenant passer leurs journées derrière des barreaux bien réels. Le dernier en liste est un jeune Singapourien qui a plaidé coupable à huit accusations pour avoir modifié la page d'accueil d'un réseau de télévision de son pays en y écrivant des vulgarités.
Pour ces délits, Edwin Lim, âgé de 18 ans, devra passer cinq mois en prison selon ce qui a été rapporté au bulletin se nouvelles du réseau de télévision en question, la Television Corporation of Singapore. Les prisons singapouriennes n'ayant rien de leurs pareilles au Canada, aux États-Unis ou en France, les mois y passent lentement.
D'un an l'aîné d'Edwin Lim, l'Américain Jay Satiro devra passer une année derrière les barreaux et n'aura pas droit à un ordinateur dans sa chambre ou à l'accès à un ordinateur à la maison pour une période cinq ans. C'est une intrusion sur les serveurs d'America Online (AOL), pour qui il avait déjà travaillé bénévolement au support technique, qui lui a mérité cette sentence. C'est AOL même qui avait remonté la filière avant d'avertir les autorités.
David L. Smith, l'auteur reconnu du virus Melissa, attend actuellement sa sentence. Il est sujet à une peine maximale de dix ans de prison pour avoir créé le virus s'étant répandu le plus rapidement dans l'histoire de l'informatique.
Le cas le plus célèbre d'emprisonnement d'un pirate demeure celui de l'Américain Kevin Mitnick, emprisonné sans procès pendant plus de quatre ans. Mitnick devrait être libéré le 21 janvier prochain. Même là, il ne sera pas totalement libre, toujours sous le coup de restrictions très sévères quant à l'utilisation d'ordinateurs et du téléphone. Ses supporteurs, menés notamment par les dirigeants du magazine 2600, ont déjà commencé à récolter des fonds pour lui venir en aide à sa sortie de prison, étant donné que ces restrictions limiteront de beaucoup la capacité de Mitnick à gagner sa vie.
Jean-François Codère
Un article du Nando Times sur la condamnation d'Edwin Lim et un autre de 01Informatique sur le pirate d'AOL