Seule la flambée des salaires des athlètes professionnels peut se comparer à la croissance des capitalisations des entreprises Internet. Ces deux industries se rapprochent maintenant alors que des athlètes s'unissent pour créer un fonds d'investissement en haute technologie. Au même moment, les entreprises Internet font monter le prix des publicités diffusées au Superbowl.
En effet, une centaine d'athlètes professionnels ont mis en commun quelques-uns des millions$ qu'ils ont accumulé à courir plus vite, à lancer plus loin et à frapper plus fort. Il cherchent à les faire fructifier dans les très lucratifs investissements de la nouvelle économie. Cependant, au lieu de choisir eux-mêmes les sociétés dans lesquelles investir, ils ont préféré s'en remettre à des professionnels du capital de risque comme Benchmark Capital (un des bailleurs de fonds initiaux de eBay) et Mayfield Fund (qui a aidé à la mise sur pied de 3Com).
Les fonds d'investissement des firmes de capital-risque sont habituellement fermés aux investisseurs individuels. Le fonds «sportif» Champion Ventures, fort d'une quarantaine de millions$ US, permettra à ses propriétaires d'avoir un accès privilégié à ces fonds risqués mais souvent très profitables. Pourquoi les firmes de capital-risque laissent-ils ces athlètes prendre place parmis leurs partenaires? «Nous voulons développer une relation durable avec Champion Ventures de façon à nous rapprocher, ainsi que les entreprises de nos portefeuilles, de leurs investisseurs très visibles», a expliqué Kevin Fong de Mayfield Fund. Parmis ces investisseurs «très visibles», notons les footballeurs Dan Marino et Ronnie Lott, les baseballeurs Ryne Sandberg et Barry Bonds ainsi que le basketteur Steve Kerr.
Pendant ce temps, les entreprises Internet contribuent en retour à enrichir les athlètes, ou du moins les propriétaires d'équipes. En effet, grâce à de nombreux achats de publicité par des pointcoms, le prix moyen de la publicité de 30 secondes pendant le prochain Superbowl a atteint la barrière des deux millions$ US, une augmentation d'environ 25% sur les prix de l'an dernier.
Environ 20% de l'inventaire publicitaire du Superbowl a été réservé par des entreprises Internet dont certaines, comme Angeltips.com, n'ont pas encore généré un cent de revenu. Un auditoire potentiel de plus de 100 millions de téléspectateurs dont bon nombre d'entre eux ont envie de voir les publicités (toujours très extravagantes pendant le Superbowl) motive les entrepreneurs à «investir» de trois à quatre millions$ US de leurs faramineux capital de départ.
Les services de recherche d'emplois en ligne Hotjobs.com et Monster.com sont de retour cette année après un succès sans équivoque au dernier Superbowl. La publicité de Hotjobs.com avait connu tant de succès l'an dernier que ses ordinateurs avaient plié l'échine sous la demande. Avec un succès similaire, le boutique en ligne de lingerie Victoria's Secret avait annoncé lors du Superbowl la diffusion Web de son défilé annuel. Un défilé qui avait vu les serveurs de Victoria's Secret ne pouvoir supporter la demande des nombreux acheteurs et acheteuses potentiels de lingerie. Après tout, personne ne sait vraiment ce que ces robustes fans de football américain aiment porter dans l'intimité...
Dominic Fugère
Plus de détails sur Champion Ventures dans le Nando Times et sur la pub au Superbowl dans le USA Today, dans UGeek et dans le San Jose Mercury Center