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Les concurrents de France Télécom veulent accéder à son réseau local

Canoë 
30/11/1999 16h56 

(AFP) La pression monte autour de France Télécom pour ouvrir sa dernière chasse gardée, le marché local du téléphone, deux ans après la libéralisation qui a instauré la concurrence dans les communications de longue distance.

Mardi, le gouvernement a lancé un appel à candidatures pour construire et opérer des boucles locales radio en France, permettant d'accéder «par les airs» aux PME et aux particuliers sans passer par le réseau local et la «paire de cuivre» de France Télécom.

Mais les concurrents de France Télécom veulent aussi accéder à la fameuse «paire de cuivre», qui ouvre l'accès à l'abonné final et est cruciale dans l'offre de services Internet.

Mardi, la filiale de Telecom Italia en France (9 Telecom) a saisi le Conseil de la concurrence sur l'accès à Internet par la technologie ADSL, qui permet à la fois de surfer beaucoup plus vite sur Internet et de conserver libre la ligne téléphonique.

L'ADSL devrait accroître considérablement l'usage d'Internet en France et les opérateurs privés sont soucieux de prendre position avant qu'il ne soit trop tard sur ce marché en pleine explosion.

9 Telecom reproche à France Télécom de ne proposer qu'une offre de revente en gros de capacités, qui permet aux concurrents de proposer un service ADSL standard, sans grande maîtrise du produit.

L'opérateur privé veut accéder plus profondément au réseau de cuivre local de France Télécom, pour y placer ses propres équipements: cette possibilité, appelée dégroupage, fait l'objet d'une âpre bagarre entre France Télécom et ses concurrents.

Dans le quotidien Les Echos mardi, le secrétaire d'État à l'Industrie Christian Pierret précise qu'il souhaite que France Télécom mette en place un dégroupage total d'ici à 2001.

Pour 9 Telecom, cela signifie «une année et demie de retard» sur l'opérateur public, qui prévoit un plan de déploiement à grande échelle de l'ADSL dans les grandes villes françaises. Dès décembre, France Télécom entend déployer l'ADSL dans tout Paris (sis arrondissements parisiens et trois communes de banlieue sont couverts pour l'instant), à Lille, Lyon et Strasbourg.

9 Telecom demande au Conseil de la concurrence de bloquer ce déploiement pour abus de position dominante tant que les opérateurs privés n'auront pas accès à une offre de dégroupage.

France Télécom récuse l'accusation, estimant que son offre de revente «permet aux opérateurs concurrents de se positionner sur le marché».

La libéralisation est jalonnée de plaintes, recours et arbitrages: pas moins de cinq plaintes contre France Télécom ont été déposées en quelques semaines.

La semaine dernière, des collectivités locales ont décidé de saisir la Commission européenne. Elles souhaitent pouvoir construire elles-mêmes des réseaux locaux à haut débit, pour proposer des services de pointe aux entreprises et faire jouer la concurrence.

La Commission européenne, qui lance en ce moment la révision des directives sur les télécommunications, est favorable au dégroupage et va sans doute mettre la pression sur les gouvernements des pays membres.

Pour France Télécom, l'ouverture totale de son marché est donc une question de mois, au maximum d'un an, mais l'opérateur public met ce délai à profit pour s'armer au maximum dans les secteurs prometteurs d'Internet et du haut débit.

Copyright © 1999 AFP








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