(AFP) La première vente aux enchères entièrement sur Internet se déroulera du 26 novembre au 6 décembre, réunissant près de 300 oeuvres d'artistes de renom, tels que Renoir, Picasso, Dufy, Arman ou Man Ray.
Organisée depuis New York par Nart Inc., filiale américaine de la société française Nart, site de référence dédié à l'art, les oeuvres seront mises en vente vendredi à partir de 12h00, heure de Paris (6h00 à New York) sur le site: www.nart.com/auctions.
Parallèlement, les organisateurs exposent du 27 novembre au 2 décembre, certaines des plus belles pièces à l'Hôtel Dassault, à Paris. Toutes les oeuvres ont préalablement fait l'objet d'une expertise complète menée par des commissaires-priseurs parisiens.
Avec des mises à prix allant de 2 600 F (593$ CA) à 500 000 F (114 163$ CA), cette vente s'adresse à un public d'amateurs d'art. On pourra y trouver des assiettes signées Robert Combas, un dessin de Man Ray, une petite peinture de Renoir ou encore un dessin de Picasso. Une cinquantaine de lithographies des années 60 seront également dispersées et toutes les oeuvres sont consultables sur catalogue.
La vente aux enchères se déroule pendant dix jours, au cours desquels l'internaute peut enchérir, et surenchérir, s'il constate sur son courriel que son offre a été dépassée, la date d'adjudication n'ayant lieu que le 6 décembre.
Nart, qui a déjà participé à cinq ventes chez Drouot, compte développer ce système d'enchères dont les prix ne dépassent pas les 500 000 F (114 163$ CA), estimant qu'au delà, les ventes relèvent davantage des grandes maisons.
En raison du monopole quadricentenaire des commissaires-priseurs français qui prévaut encore sur les ventes publiques en France dans l'attente d'une réforme très attendue, c'est sa filiale américaine Nart Inc., basée à New York, qui est juridiquement en charge de l'opération.
Le succès de ces enchères, s'il se confirme, va amener les grandes maisons de ventes, telles que Sotheby's ou Christie's à reconsidérer leur politique vis-à-vis d'Internet. Pour l'instant, les deux grandes sociétés anglosaxones ont renoncé au tout Internet, notamment pour les oeuvres très importantes, dont l'authenticité reste une préoccupation majeure.
La vente aux enchères sur Internet pose un autre problème complexe, celui du lieu de vente. Car d'un pays à l'autre, les conditions changent en matière de fiscalité, de classement des oeuvres. En tout état de cause, la France est particulièrement mal placée, en raison du nombre de restrictions qui pèsent sur les commissaires-priseurs, lesquels se voient voler la vedette par des ventes délocalisées, ou simplement «organisées» très médiatiquement par leurs rivales Sotheby's ou Christie's comme ce fut le cas pour la vente du Château de Groussay, près de Paris.
© 1999 AFP