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Un Bébé Web à la sauce Oncle Sam

Canoë 
28/10/1999 16h54 

Cette semaine nous a donné droit à un «Bébé Web» à l'américaine. Selon toutes vraisemblances, Ron Harris a embobiné la quasi-totalité de la presse américaine avec son site Ron's Angels où il prétend vendre aux enchères des ovules de mannequins.

À l'origine, huit mannequins devaient être disponibles. Malheureusement pour Ron Harris, cinq d'entre elles ont dû se désister. D'après la version officielle, ces cinq demoiselles ont abandonné le projet devant le tollé de protestation soulevé par la publication du projet dans les médias.

Selon Clay Shirky, un professeur en nouveaux médias au Hunter College, qui a pris la peine de s'abonner (au coût de 24,95$ US) à Ron's Angels pour en avoir le coeur net, les cinq «mannequins» étaient trop facilement reconnaissables. Celles-ci ont toutes posé pour un autre site de Ron Harris, au nom un peu plus explicite cette fois: www.eroticboxoffice.com. Ron Harris est aussi propriétaire du site sweet18.com.

Pour Clay Shirky, tout ce à quoi donne accès l'abonnement est une photo du visage des trois «mannequins» et à une description de détails aussi cruciaux que la grandeur de leur brassière et leur statut civil. Il n'y aurait pas de formulaire permettant de placer une mise, pas plus qu'il n'y a de logiciel ou de script permettant de le faire. Pour placer une enchère, il faut lire les petits caractères au bas de la page et y trouver ceci: «To bid: Please email us at cs@ronsangels.com» («Pour miser: envoyez un courriel à cs@ronsangels.com»). Shirky dit avoir envoyé plusieurs mises à partir de différentes adresses de courriel et n'avoir rien reçu.

«Le site a réussi a recevoir de la publicité gratuite du New York Times, de USA Today, de Reuters et de la radio publique nationale et de quelques autres en appuyant sur tous les bons boutons: on y parlait de sexe, du Web, et ça permettait aux gentils garçons de s'exprimer en disant à quel point ils étaient outrés, à quel point c'était inapproprié, etc.», explique Clay Shirky.

Au Québec, Bébé Web, canular monté de toutes pièces par un cybermédia culturel, était bâti autour d'un concept un peu similaire: lancer une histoire abracadabrante pour attirer les visiteurs.

Jean-François Codère

Le texte de Clay Shriky dans le Silicon Alley Reporter
Une analyse du New York Times








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