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Des cités de l'optique qui parleront français

Canoë 
25/10/1999 16h54 

Industriels et chercheurs veulent créer en Île-de-France une Silicon Valley de l'optique et de la photonique. Bernard Landry, le ministre québécois des Finances, annonçait une mesure similaire pour la région de Québec dans son dernier budget. Les francophones seraient-ils en train de prendre le reste du monde de vitesse dans ce nouveau secteur d'avenir?

Pour le président de la toute jeune association Vallée de l'optique/Optics Valley, Jean Jerphagnon, «ce sera la technologie du XXIe siècle. Le secteur a véritablement décollé il y a trois ou quatre ans». L'optique et la photonique sont des secteurs technologiques spécialisés dans la transmission des données grâce à la lumière, comme dans le cas de la fibre optique.

Dans les départements de l'Essonne et des Yvelines se concentre déjà un fort potentiel industriel et de recherche. Grâce à l'optique, quelque de 6 000 employés génèrent un chiffre d'affaires de plus de 15 milliards de francs. La Vallée de l'optique désire s'enrichir d'entreprises qui rejoindront les centres de recherche, groupes privés et publics, PME et écoles d'ingénieurs qui y sont déjà rassemblés. «Il y a aujourd'hui tous les ingrédients pour faire dans le sud parisien ce qu'ont fait les Californiens dans la Silicon Valley: une des meilleures recherches du monde, la présence de groupes mondiaux et une discipline en plein boom», affirme Hervé Arditty, P.D.G. de Photonetics.

De son côté, André Ducasse, directeur de l'Institut d'Optique d'Orsay, déplore le manque d'ingénieurs dans le secteur: «nous sommes au niveau où en était l'informatique il y a 15 ans».

Au Québec, un projet similaire défraie la manchette depuis le dernier budget provincial. Une même volonté et une même détermination sont derrière la «Cité de l'optique» annoncée par le ministre Bernard Landry. Ce programme aidera les entreprises et les centres de recherche du secteur de la photonique à s'installer ou à croître dans la région de Québec. Il sera doté d'une enveloppe budgétaire totale de 11 millions$ sur trois ans, soit trois millions$ en 1999-2000 et quatre millions$ par an de 2000 à 2002.

La région de Québec jouit déjà d'une large expertise dans le domaine, avec notamment l'Institut national d'optique (INO) et le Centre d'optique, de photonique et de laser de l'Université Laval. Le programme d'aide comporte trois volets: la réalisation de projets de recherche, la mise au point de produits commercialisables et le déploiement d'entreprises dans le secteur de l'optique-photonique.

En Europe comme en Amérique, les francophones semblent déterminés à prendre de l'avance dans les industries émergentes de l'optique et de la photonique. Il faudra seulement s'assurer qu'une fois ces zones industrielles spécifiques établies, les principaux acteurs ne se contentent pas de se laisser dépasser par le reste du monde.

Sylvie Pesme

Plus de détails sur le projet français dans l'Usine Nouvelle et sur sa contrepartie québécoise sur le site du ministère des Finances du Québec








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