La justice américaine, empêtrée dans la complexité du débat entourant la légalisation des casinos virtuels, voit s'ouvrir une porte de sortie: les compagnies de cartes de crédit. En vertu d'un jugement, c'est aux casinos virtuels et à Visa, Mastercard et Cie qu'incombera la tâche de faire respecter les lois californiennes.
Cynthia Haines, une Californienne qui avait accumulé des dettes de 70 000$ US sur différentes cartes de crédit en jouant dans des casinos virtuels, a obtenu de la Cour supérieure de la Californie que Visa et Mastercard effacent ses dettes.
Dorénavant, les casinos virtuels utilisant les services de Visa et Mastercard devront mettre en évidence sur leurs sites un message ressemblant à ceci: «Le jeu en ligne est peut-être illégal dans la juridicition où vous vous situez. Les cartes Visa [ou Mastercard] ne peuvent être utilisées que pour des transactions légales. L'affichage par un marchand en ligne du logo d'une carte de crédit ne signifie pas nécessairement que le jeu par Internet est légal dans toutes les juridictions dans lesquelles le détenteur de la carte peut se trouver.»
La poursuite de Cynthia Haines reposait sur le fait qu'il est interdit de prêter de l'argent pour les jeux de hasard en Californie. De plus, Visa commettait selon elle un impair en accordant un compte à ces casinos en ligne illégaux en Californie et en tirant un pourcentage des recettes d'activités illégales.
Si la décision de la Cour supérieure californienne fait jurisprudence, il est permis de croire que les compagnies de cartes de crédit deviendront le bras droit idéal pour la justice américaine. Celle-ci cherche un moyen de contrôler l'insaisissable industrie des casinos virtuels, complètement dépendante des maisons de crédit. Si la justice ne peut rien contre un casino virtuel établi dans les îles Caimans par exemple, elle pourra toujours se servir des compagnies de cartes de crédit qui n'auront qu'à réclamer leur dû auprès de la maison de jeu par la suite.
En outre, le Congrès étudie présentement le Internet Gambling Prohibition Act, une mise à jour du Wire Act en vertu duquel il est interdit de placer des paris par téléphone. La nouvelle loi bannirait la plupart des formes de jeu en ligne dans l'ensemble des États-Unis.
Jean-François Codère
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