Le réseautage sans fil Airport du iBook de Apple risque d'être persona non grata en France. Contrairement à la plupart des autres pays, la fréquence utilisée par le Airport est réservée à l'usage militaire en France. Apple était confiante de voir l'Hexagone fléchir, mais c'était sans compter sur l'obstination gauloise.
Les utilisateurs de iBook non autorisés risquent ainsi de recevoir une amende de 29 000 euros (45 000$ CA) et six mois de prison si, par hasard, leurs petites antennes en venaient à brouiller les communications militaires.
«Nous n'allons pas nous débarrasser de nos équipements de communication simplement parce que le iBook arrive sur le marché», a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) le contre-amiral Jacques Bizard, du Bureau militaire national des fréquences.
L'armée française analysera les capacités du iBook avant de prendre une décision finale. L'armée veut notamment être certaine de la portée du iBook. Selon Apple, elle est tantôt de 50 mètres (tel qu'annoncé en France), tantôt de 45 mètres (tel qu'annoncé aux États-Unis). Or, selon des sources militaires, cette portée pourrait s'étendre à plusieurs kilomètres dans des conditions optimales.
Interrogés hier sur la question, des représentants d'Apple Canada ont dit ne pas craindre un refus de la part de l'armée américaine. Selon eux, comme le iBook sera en vente libre en Amérique du Nord et dans la plupart des pays entourant la France, n'importe qui pourrait s'en procurer un à l'extérieur et interférer avec les communications militaires françaises par la suite. Rappelons qu'en Amérique du Nord, la fréquence 2,4 Ghz est à toutes fins pratiques libre.
Il existe différentes façons pour Apple de contourner le problème, notamment en faisant valoir aux autorités françaises que le iBook n'utilise que quelques-uns des canaux de la fréquence en litige et que les autres demeureraient toujours réservés à l'armée.
Actuellement, il est possible pour les propriétaires d'appareils électroniques utilisant des fréquences réservées à l'usage militaire de demander une autorisation. Comme le fait remarquer l'officier Bizard cependant, les autorisations accordées concernent des appareils fixes et à usage local. Pour sa part, le iBook est pour le moins mobile.
Quand tout sera terminé, on pourra se souvenir que les deux derniers produits lancés par Apple, le Power Mac G4 et le iBook, auront eu des démêlés avec les services militaires, le G4 étant frappé d'un interdit d'exportation dans des pays dits «délicats».
Jean-François Codère
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