De nombreux chiffres montrent que les Français sont encore fidèles au Minitel. La France s'accroche à ce qui a fait d'elle un pays à la pointe de la télématique il y a 15 ans. Quel est l'avenir du Minitel alors que l'Internet se développe à tout allure?
Un internaute sur deux continuerait à consulter le Minitel; environ 290 millions d'appels ont été faits en direction du Minitel pendant le premier semestre 1999. Une récente étude effectuée pour France Telecom montre que l'ancêtre français de l'Internet se maintient dans le paysage des télécommunications et que sa fréquentation a même augmenté de 0,26% par rapport à l'an dernier malgré le récent bond de la Toile en France et l'apparition de beaucoup de services Minitel sur le Web.
Trois sociétés viennent d'ailleurs de lancer des terminaux qui permettront de se connecter à la Toile et de consulter les services du Minitel. Après Matra Nortel et Alcatel, c'est au tour de Com One de présenter aujourd'hui son «Minitel Internet». En collaboration avec France Telecom, ces entreprises comptent sur le côté familial et familier de ce type de produits pour initier le grand public à Internet.
Pour des personnes qui n'ont pas l'utilité d'un ordinateur et qui désirent se connecter sur le Web, ces terminaux multi-fonctions coûtent moins cher (même s'ils valent encore 3 000 ou 4 000 francs, ou 700 à 950$ CA) et sont plus faciles d'utilisation.
Pourtant, certains services qui sont apparus sur la Toile après avoir fonctionné seulement sur le Minitel commencent à tirer davantage de bénéfices d'Internet. Degriftour, par exemple, a vu récemment son chiffre d'affaires sur Internet dépasser celui du Minitel. Installé depuis huit ans sur Minitel, il lui a fallu seulement trois ans pour que plus de 50% de son chiffre d'affaires se fasse grâce au Net.
Le Minitel est probablement une des causes du retard français sur Internet. La réticence des compagnies aériennes à se placer sur le Net, alors qu'elles sont bien présentes sur le Minitel, en est un exemple éloquent. En revanche, le Minitel garde la grande qualité d'avoir habitués les Français à l'interactivité sur un écran.
On attend encore de voir les résultats de vente des nouveaux terminaux. Le grand public représente certes un marché important, à condition que les prix, encore élevés, baissent rapidement et qu'il ne se mette pas à trouver l'ordinateur plus intéressant. Ce qui ne manquera pas d'arriver, en tous cas pour les jeunes générations.
Elise Colette
La dépêche de l'Agence France-Presse sur Com One
L'
article de ZDNet sur le Minitel de l'an 2000
L'
article d'Internet News sur Degriftour