Le département de la Défense des États-Unis ne sera plus à prendre à la légère en termes de crimes informatiques. Grâce à un nouveau laboratoire de 15 millions$ US, une équipe de 80 enquêteurs pourra retracer plus facilement les pirates et récupérer les fichiers qu'ils croyaient à l'abri.
Avec tous ces nouveaux équipements, le laboratoire prétend pouvoir localiser précisément les pirates, effectuer rapidement des recherches dans des dizaines de milliers de documents et lire des fichiers «effacés» par leur propriétaire. Pour le décryptage, on se fie à la présence à quelques pas de là des bureaux de la National Security Agency (NSA).
Le Federal Bureau of Investigation (FBI), les corps policiers locaux ainsi que les autorités des différents États américains pourront aussi demander aux enquêteurs de ce laboratoire de leur venir en aide dans les cas impliquant des ordinateurs.
«Presque tous les crimes de cols blancs (fraudes, harcèlement, etc.) d'aujourd'hui impliquent au moins un ordinateur, quand ce n'est pas tout un réseau. Nous avons besoin de gens bien préparés», a déclaré Donald Kerr, assistant-directeur du FBI.
Lors d'une visite des médias, un employé a démontré comment le laboratoire peut arriver à récupérer les données entreposées sur une disquette découpée en morceaux. «La procédure prend une journée si vous êtes chanceux, un mois si c'est quelque chose que vous n'avez jamais vu auparavant», a expliqué David Lang, qui donnait la démonstration.
Des cours sont également donnés dans ce nouveau joyau du département de la Défense. Les participants qui réussiront ces cours seront envoyés dans des bases militaires aux quatres coins du monde afin de repousser l'envahisseur qu'est le piratage informatique...
Selon le directeur du laboratoire, David Ferguson, peu des cas qui se sont retrouvés sur son bureau impliquaient des fichiers cryptés. De quoi apaiser les craintes de l'administration Clinton quant à la libéralisation des logiciels de cryptographie puissants.
Jean-François Codère
L'article de ABC News