Environ 25 millions de pages Web ont été piratés ces derniers mois par une entreprise australienne de pornographie et un pirate portugais. Le gouvernement fédéral américain enquête et met en garde les parents contre ces pages porno qui apparaissent sur les adresses de sites tout à fait catholiques.
On sait qu'une partie non négligeable du Web est consacrée à l'industrie pornographique. Et pour ces entreprises, tous les moyens sont bons pour attirer l'internaute et gagner de l'argent. Leur dernière trouvaille: pirater des sites fréquemment visités.
Vous cherchez un site sur le tremblement de terre à Taiwan et le moteur de recherche vous emmène voir «les petites Chinoises», par exemple… C'est ce qui est arrivé à plusieurs internautes au début de l'été. Les nombreuses plaintes de parents trouvant leurs enfants devant ces pages ou des propriétaires des sites piratés ont incité la Federal Trade Commission (FTC) à enquêter sur le sujet. D'autant que ces pages vous tenaient prisonnières et que vous étiez alors incapables de revenir aux pages précédentes sans fermer votre navigateur.
Les enquêteurs américains ont annoncé mercredi que l'entreprise de sites pornographiques employant ces méthodes a été localisée en Australie, mais le pirate portugais, Carlos Pereira, qui semblait être de la partie n'a toujours pas été trouvé.
Plus pervers que d'autres hackers, qui se «contentent» de copier des pages, ils enregistraient également les métatags des pages afin que les moteurs de recherche sur lesquels ces sites étaient référencés renvoient aux pages de l'entreprise et incitent ainsi les internautes trompés à aller plus loin et payer pour voir la suite, comme le font la majorité des sites pornographiques. Quand vous arrivez sur la page indiquée par le moteur de recherche, quelques lignes de code vous dirigent directement vers la page pirate, sans que vous puissiez rien faire. Une véritable prise d'otage, selon la FTC.
Les agences fédérales de droit sur l'Internet intensifient leur lutte contre le piratage, tout comme, en France, vient d'être annoncé la création imminente d'un office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information. Mais on voit mal comment quelques fonctionnaires et une dizaine d'ordinateurs (même une centaine) pourraient parvenir à localiser les hackers qui se baladent librement sur la Toile, changeant d'adresse comme de noms.
Elise Colette
Voir le communiqué de la FTC
Et l'article du New York Times