L'enseignement à distance par le Net pourrait endiguer la perte des étudiants à l'Université. C'est ce que pensent les responsables de l'Université de Rennes I, qui réfléchissent à la mise en place d'une université virtuelle.
L'université de médecine, sciences, philosophie, économie et droit de la grande ville bretonne a vu ses effectifs baisser de 6% lors de cette rentrée par rapport à l'an dernier. Les raisons? Un problème démographique (d'ici les prochaines années, le nombre d'étudiants devrait continuer à baisser) et l'attrait pour les études à l'étranger, qui amène les étudiants à s'inscrire ailleurs puis à oublier les cours en Bretagne.
Offrir aux étudiants la possibilité de suivre les cours sept jours sur sept, 24 heures sur 24, semble donc une alternative intéressante au président de l'Université, qui travaillera en collaboration avec les deux autres universités de la ville.
Les professeurs pourront être formés à la mise en ligne de leurs cours et à l'interactivité qui s'ensuivra dès ce mois d'octobre, mais l'Université virtuelle de Bretagne ne devrait pas ouvrir ses portes avant deux ou trois ans.
Encore une fois, on s'interroge sur le contenu interactif de cette future université réelle. Pourra-t-on suivre tous les cours sur Internet et obtenir son diplôme sans mettre les pieds à la «fac»? La pédagogie sera-t-elle adaptée aux avantages de l'interactivité? Les professeurs, plutôt frileux face aux NTIC, vont-ils s'adapter? Comment les travaux rendus en ligne seront-ils surveillés?
Les étrangers pourront peut-être même s'y inscrire et favoriser ainsi les courants intellectuels vers une France qui, paraît-il, est une «terre ingrate pour les étudiants étrangers»….
Elise Colette