Les plaidoiries des avocats se sont terminées hier. Le juge Thomas Penfield Jackson devrait rendre son verdict avant le début de l'année 2000 dans ce qui représente l'un des plus grands procès antitrust aux États-Unis depuis celui de la Standard Oil ou d'AT&T.
Hier, l'avocat du gouvernement, David Boies, et celui de la défense, John Warden ont chacun exposé à la Cour leurs derniers arguments. Tandis que le premier accusait Microsoft d'être un prédateur puisqu'il n'existe pas d'alternative significative à Windows, le second s'est attaché à montrer que le gouvernement n'avait pas su prouver ses accusations, insistant surtout sur le fait qu'il existe aujourd'hui des alternatives à Microsoft dans le monde des systèmes d'exploitation et des navigateurs.
Les dernières nouvelles de l'informatique vont à la fois dans le sens de l'entreprise et dans celui du gouvernement. Le rachat de Netscape par AOL, premier fournisseur d'accès américain à Internet, ainsi que celui de Star par Sun Microsystem, tout comme le développement de RedHat, distributeur de Linux, tout cela peut aller dans le sens d'un développement de la concurrence dans le secteur concerné.
Pourtant, Windows équipe encore aujourd'hui 85% des ordinateurs dans le monde et l'utilisation d'Explorer a encore augmenté ces derniers temps pour atteindre 75% des navigateurs.
Plus grave encore selon les détracteurs de l'entreprise contrôlée par Bill Gates, la relation entre les constructeurs d'ordinateurs et Microsoft n'est pas claire.
En France, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes effectue depuis la semaine dernière une enquête sur Microsoft France afin de déterminer la marge de liberté laissée au client de choisir son système d'exploitation quand il achète son ordinateur.
Comme le soulignait Dominique Nora lundi dans une interview sur CanalWeb, il est bien difficile de passer à côté de Windows. Puisque les constructeurs bénéficient de ristournes conséquentes quand ils équipent leurs ordinateurs avec Windows, ils ne peuvent économiquement pas choisir d'autres systèmes d'exploitation.
Selon les avocats du gouvernement fédéral américain, Microsoft devrait être séparée en deux sociétés distinctes, l'une consacrée aux systèmes d'exploitation et l'autre aux applications bureautiques, ou bien en plusieurs sociétés verticalement intégrées qui deviendraient concurrentes.
Le verdict du procès fleuve sera bientôt connu.
Quant à la France, aucune conclusion n'a encore franchi les portes du ministère de l'Économie et des Finances.
Elise Colette
Voir l'article de CNet News
Ou celui du Monde
Regarder l'interview de Dominique Nora, co-autrice du Hold-up planétaire avec Roberto di Cosmo, sur Canalweb