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Employés : méfiez-vous de votre correspondance électronique

Canoë 
21/09/1999 16h53 

Courriels osés et navigation intempestive pendant les heures de travail: les entreprises, aidées par des logiciels spécialisés, peuvent surveiller leurs employés et les renvoyer le cas échéant. Surveillance dangereuse selon certains.

La sénatrice californienne Debra Bowen est en train de préparer un projet de loi interdisant aux entreprises de surveiller les courriers et documents électroniques de leurs employés sans les prévenir. Le patron qui voudra aller fouiller dans l'ordinateur de son employé pour vérifier ses courriers devra avoir au préalable prévenu toute la compagnie que le contenu des ordinateurs peut être vérifié. Chaque employé pourra, en outre, consulter son dossier de surveillance.

Le problème de la surveillance des employés quant à leurs activités sur l'Internet ne date pas d'hier. Il existe déjà plusieurs exemples de licenciement suite à des échanges électroniques d'employés jugés mal placés par les patrons, comme aujourd'hui encore dans le Ottawa Citizen. Une étude américaine menée par l'American Management Association a montré que plus de 63% des patrons surveillaient les ordinateurs de leurs employés, dont 23% sans les prévenir.

Et c'est bien dans ce véritable espionnage que réside le problème.

Aujourd'hui, des logiciels performants permettent d'espionner un ordinateur sans l'aval de son propriétaire. La dernière version de Investigator, qui porte bien son nom, vient de paraître. Ce logiciel, édité par WinWhatWhere permet de mettre en mémoire toutes les opérations effectuées sur un ordinateur, de l'ouverture d'un programme à la simple virgule tapée sur le clavier. Discret, il n'apparaît pas dans la barre des tâches et peut donc rester sur un ordinateur sans que son utilisateur ne s'en rende compte. Le patron de WinWhatWhere, Richard Eaton, raconte que des épouses jalouses l'utilisent pour voir ce qu'écrivent leurs maris dans les ch@ts, mais il reconnaît aussi qu'il peut devenir dangereux dans les entreprises. Pourtant plus de 70% de ses clients sont des compagnies. Il n'est pas difficile de deviner à quoi elles l'utilisent.

De toute façon, on ne peut enlever le droit à des responsables de vérifier que leurs employés effectuent correctement leur travail, mais, et c'est le but des législateurs californiens, on ne peut enlever aux employés la garantie du respect de la vie privée. Les outils d'aujourd'hui rendent l'espionnage dans les entreprises particulièrement facile, mais le problème éthique est loin d'être réglé.

Elise Colette

 Voir l'article de Wired
 Celui du Ottawa Citizen
 Notre article dans Multimédium

Consultez le dossier de Multimédium sur les conditions de travail dans les NTIC, notamment la sous-section concernant la télésurveillance








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