À la veille de la rentrée, France Telecom (FT) annonce plusieurs initiatives dans le domaine de l'Internet. Nouveaux forfaits de connexion et connexion haute vitesse, commerce électronique et développement du cellulaire branché: tout y passe afin de prouver que l'ancienne compagnie nationale est bien la «Net compagnie» française, selon les mots de son P.d.g. Michel Bon.
Pour le commerce électronique, France Telecom développe ses relations à l'étranger. Hier, mySimon Inc. annonçait qu'il était en train d'étudier la possibilité d'un partenariat avec Voila.com, le portail de France Telecom, pour faire du commerce électronique ciblé vers l'Europe. Ce qui permettrait à l'opérateur français de s'ouvrir au marché américain.
En France, après le forfait «20 heures, 100 francs» lancé au début du mois, FT vient de demander l'homologation pour une offre de connexion à 28 centimes la minute (0,067$), sans abonnement et valable 24h sur 24 avec n'importe quel fournisseur d'accès. Si elle paraît avantageuse et parmi les moins chères d'Europe, l'offre ne peut cependant pas se cumuler avec les tarifs préférentiels déjà existants (Primaliste, par exemple).
Cette annonce est à mettre en corrélation avec les déclarations de Michel Bon qui soutenait hier que «l'Internet totalement gratuit, c'est impossible».
Pour le moment, aux dires de la direction de France Telecom, le nombre d'abonnés à Wanadoo, le fournisseur d'accès à Internet (FAI) de France Telecom, n'a pas été influencé par l'apparition des FAI gratuits et continue son évolution atteignant aujourd'hui 800 000 abonnés. Michel Bon met l'accent sur le service et les investissements que FT engage chaque année pour développer Internet. Si l'utilisateur ne paye rien, il doit se méfier, prévient-il.
En réponse à cette attaque, Pierre Mick, directeur technique de Freesurf, l'un des FAI gratuits les plus célèbres, prédit des désabonnements à Wanadoo pour les mois à venir. S'appuyant sur l'exemple anglais, il constate que les gens testent d'abord le gratuit avant de se désabonner. «Ce genre de communiqué, c'est bien pour se rassurer, pour rassurer les actionnaires» rajoute-t-il.
Ces deux annonces, française et internationale, montrent bien où se situe le véritable atout de FT: s'assurer une place sur l'Internet français dans tous les domaines et pas seulement celui de la connexion et des communications, au moment où les consommateurs de l'Hexagone commenceront à acheter en masse sur le Web.
Tout comme pour l'accès haute vitesse, annoncé pour le 3 novembre dans certains arrondissements parisiens, et le commerce électronique via les portables, France Telecom se lance à corps perdu dans le développement de l'Internet. Officiellement pour favoriser la généralisation de l'Internet en France. Officieusement pour récupérer par Internet ce qu'elle va perdre dans les communications téléphoniques et l'accroissement de la concurrence.
Elise Colette
Le discours de Michel Bon à l'université d'été d'Hourtin
Le communiqué de France Telecom sur son action en faveur du développement de l'Internet
La dépêche de l'Agence France Presse sur le forfait 28 centimes la minute
L'interview de Pierre Mick dans le Journal du Net
L'article sur mySimon.Inc.