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Plus de 6% des internautes ne pourraient plus se passer du Réseau

Canoë 
24/08/1999 16h52 

On ne le boit pas, on ne le fume pas… mais, pour certains, il agit comme une drogue. Le réseau des réseaux, à l'heure de sa formidable croissance, entraîne chez certains de ses adeptes des comportements inquiétants perturbant leur vie sociale.

Une étude de grande ampleur, présentée hier à la conférence annuelle de l'Association américaine de psychologie, a été menée par David Greenfield, chercheur et thérapeute, en association avec ABCNews. Chercher le contact humain à travers l'écran d'un ordinateur et organiser sa vie sociale par le biais de son clavier est suffisamment inquiétant pour qu'une partie des psychologues et thérapeutes s'y intéresse.

Exactement 17 251 personnes ont répondu en ligne au questionnaire qui leur demandait s'ils avaient eu recours au Web pour résoudre des problèmes psychologiques, s'ils avaient ressenti un manque quand ils ne pouvaient pas se brancher, etc.

Plus de cinq réponses positives aux dix critères sélectionnés indiquaient que l'internaute est «accro», ce qui est le cas de 6% des sondés. Si l'on rapporte ce pourcentage au nombre total d'internautes, les utilisateurs compulsifs d'Internet seraient donc 11,4 millions dans le monde. Internet, notamment ses ch@ts, devient le nerf central de la vie des internautes drogués, à tel point que certains d'entre eux se lèvent la nuit pour relever leur courrier.

Cherchant l'intimité des relations électroniques, souvent guidées par un désir sexuel, l'ouverture de ceux qui ch@ttent sur Internet, un sentiment de liberté, ils en viennent paradoxalement à s'exclure de la vie réelle. Une forme d'emprise dans laquelle la dépendance physique ne joue aucun rôle (même si, bien souvent, la fréquentation assidue du Web entraîne des formes aiguës de stress) et qui relève seulement d'un manque psychologique, tout comme la télévision ou les jeux vidéos. Mais, à la différence de ces derniers, Internet n'a pas de fin. Éteindre son ordinateur est une décision personnelle que les «accros» ne peuvent plus prendre.

Les spécialistes considèrent la dépendance à Internet comme un trouble psychologique réel, qui met en jeu leur emploi, leur vie de famille…

Le sondage, probablement le plus important jamais mené sur ce sujet, reste pourtant partiel. Seuls les visiteurs du site d'ABCNews ont témoigné de leurs habitudes de navigation. Ils sont, d'une certaine manière, préselectionnés et la scientificité du sondage est loin d'être assurée. L'étude ne tente pas non plus d'expliquer les raisons d'une telle dépendance. Qui serait exposé à devenir «accro»? Quelles sont les précautions à prendre pour l'éviter?

Elle révèle néanmoins une tendance croissante de la population «surfeuse», qui augmente avec la rapidité des connexions.

Mais, restons calmes: les psychologues assurent que cette dépendance est facilement curable.

Elise Colette

 Consulter l'article d'ABCNews








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