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La «cyber-guerre»: Internet est une nouvelle arme

Canoë 
20/08/1999 16h52 

Après avoir été parfois traité d'arme dans la guerre économique, Internet pourrait devenir un nouvel instrument bien réel de lutte politique. Le Timor oriental, à dix jours du référendum qui devrait lui donner l'indépendance, menace l'Indonésie de pirater ses systèmes informatiques les plus importants si le scrutin ne se déroule pas de manière démocratique.

L'archipel indonésien devrait se préparer à subir les coups d'une campagne informatique internationale particulièrement «acharnée et féroce» dans le cas où elle refuserait l'indépendance au Timor, ou bien si elle entravait le cours normal des élections du 30 août. Jose Ramos Horta, leader des indépendantistes du Timor oriental et prix Nobel de la paix en 1996, l'a annoncé avant-hier au quotidien australien The Sydney Morning Herald: une centaine de jeunes génies de l'informatique, répartis dans tous les pays occidentaux, seraient prêts à déverser une douzaine de virus dans les ordinateurs des banques, de l'armée ou encore de l'aviation, menaçant de plonger toute l'Indonésie dans un désordre sans nom.

La déstabilisation économique qu'entraînerait un piratage des systèmes informatiques est aujourd'hui une menace tout aussi efficace qu'un bain de sang. Grâce à l'informatique, le petit Timor oriental peut faire frémir le quatrième pays le plus peuplé au monde et peser face à celui qui l'oppresse depuis l'annexion brutale de 1975.

Et, plus encore, la menace proférée par les résistants du Timor s'adresse aussi à la communauté internationale, à l'Organisation des Nations Unies (ONU) notamment, qui vient juste de prendre la mesure du problème. Si la menace de piratage est réelle, l'ONU peut trembler autant que le gouvernement d'Habibie…

Comment encore ne pas penser au piratage du site du Federal Bureau of Investigation (FBI) après le bombardement de l'ambassade de Chine à Belgrade? Guerre ou guérilla électronique… on a transféré sur le réseau les conflits traditionnels. Et les nouvelles armes, bien que moins directement meurtrières (ce qui permet, paradoxalement, au prix Nobel de la paix de mener une «guerre»…), peuvent être tout aussi efficaces.

Elise Colette

 Voir plus de détails dans l'article de The Industry Standard








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