On en attendait plus, mais l'heure du Forum des inforoutes et du multimédia (FIM), qui a rassemblé hier soir à Montréal quelques acteurs du monde québécois des portails, a été bien fade. Point de débat vraiment neuf, plutôt une accumulation de lieux communs déjà bien connus du public présent.
Les termes « valeur ajoutée » et « services de qualité » ont souvent été mentionnés au cours de la soirée. Jean-Pascal Lion, premier vice-président marchés francophones de Sympatico, par exemple, dit « avoir choisi de se battre contre les signets » pour proposer de « vrais services ». On a aussi parlé de « communautés d'intérêts » quand PetitMonde ou Camplus.com nous ont expliqué le ciblage du contenu en fonction de la clientèle visée. La salle entière s'est retrouvée en choeur derrière ce flot de généralités.
Nous en étions là lorsqu'une personne a posé une question, qui est arrivée comme un couperet : « Finalement, est-ce qu'on a vraiment besoin de portails québécois ? » Dans la salle, quelques chuchotements. « Les portails ont-ils tant de succès que ça ? », a demandé un autre participant. Jean-Pascal Lion a rétorqué en remarquant que 30 % des personnes qui ont Sympatico comme page d'accueil ne sont pas des clients du service du fournisseur d'accès Internet.
Le contenu québécois aurait donc bel et bien de quoi de faire sa place au soleil. « Il faut être présent », a insisté Gilbert Ouellette de l'Association des producteurs en multimédia du Québec (APMQ). Jusqu'à présent, le Québec a été relativement protégé des assauts venus des États-Unis du fait de sa taille et de sa langue. Or « le jour où Yahoo ! créera un Yahoo ! québécois, il faudra penser à réviser nos stratégies », a déclaré Patrick Pierra d'Invention Media. Conclusion généraliste d'un débat... à faible valeur ajoutée.
Emmanuelle Sonntag
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