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Les polluposteurs au pilori

Canoë 
19/05/1999 16h50 

Un mélange de pourriel (sp@m) et de fraude téléphonique fait des ravages sur l'Internet. Mais le gouvernement américain a décidé de sévir.

La tactique est simple, mais elle semble efficace. Un message par courriel envoyé d'une adresse d'America Online avertit le destinataire qu'il est inscrit à la liste d'envoi vers laquelle le message a été distribué. On y stipule que pour se désabonner de la liste, il doit téléphoner au numéro qui apparaît au bas du courriel. Le pauvre poisson ne se doute de rien jusqu'à ce qu'un enregistrement à saveur osée réponde à l'autre bout. Le mal est fait. On se rend rapidement compte que l'on vient d'appeller un téléphone rose et que notre compte de téléphone sera agrémenté d'une note toute aussi salée que l'enregistrement que l'on vient d'entendre. Les frais peuvent aller jusqu'à une quarantaine de dollars à l'instant même où la ligne répond.

En effet, des entreprises de téléphone rose s'installent depuis quelques années dans les Antilles car elles ont la possibilité d'avoir des numéros de téléphone conformes aux standards nord-américains [1-(514)-123-4567, par exemple] ce qui leur est impossible au Canada et aux États-Unis. Il leur est ainsi possible de ne pas éveiller de soupçons. En mariant cette tactique à la possibilité de diffusion rapide qu'offre le courriel et l'empressement qu'ont les Internautes à se désabonner de listes d'envoi indésirables, le mélange est explosif.

La Federal Trade Commission (FTC) a décidé que c'en était assez. Elle a lancé une poursuite contre le petit futé, dont l'identité n'est toujours pas connue. C'est la première fois que le gouvernement américain poursuit un John Doe (on dit Jean Untel en français !) pour une infraction liée à l'Internet. « L'anonymat n'empêche pas l'application des lois », a expliqué Eileen harrington, directrice adjointe aux pratiques de marketing frauduleuse à la FTC.

La rapidité avec laquelle on a retrouvé l'auteur de Melissa laisse croire qu'il ne s'agit que d'une question de jours avant que la FTC puisse nommer un défendeur dans cette cause. L'organisme recueille tous les pourriels que les gens veulent bien lui transmettre et se bâtit une impressionnante base de données. Une anthologie du pourriel qui lui permettra de mieux trouver les polluposteurs, faire quelques exemples et, nous le souhaitons tous, ralentir le déluge de rebuts virtuels qui encombrent nos InBox.

Dominic Fugère

L'Associated Press donne les détails supplémentaires
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