Altern.org s'apprête à rouvrir mais la tendance à tirer sur le messager virtuel n'est pas morte en France et a même rejoint l'Amérique. À la lumière de deux nouvelles causes, la question reste entière: un hébergeur Internet peut-il être tenu responsable des contenus qu'il héberge ?
Youppi! On a apprenait samedi dernier qu'Altern.org s'apprêterait à rouvrir au début de mai. Estelle Hallyday et Valentin Lacambre se sont entendus sur la base de 70 000 FF au lieu des 405 000 FF accordés par la Cour d'appel ce qui permet à l'hébergeur gratuit de rester en vie. Cependant, deux autres cas sont apparus et force est d'admettre que rien n'est réglé. Bien que cela dépasse l'entendement, les parties lésées par du contenu sur le Net s'en prennent aux hébergeurs plutôt qu'aux producteurs.
Comme le relevait Jean-Pierre Cloutier, dans ses Chroniques de Cybérie, la pratique viserait à éclaircir les points de droit autour de la publication sur le Web. Pendant ce temps, des petits entrepreneurs comme Valentin Lacambre et Guillaume Esnault (propriétaires d'AlternB et Cyberbrain, respectivement) ainsi que les sites qu'ils hébergent paient la note pour que le système juridique soit obligé de faire ses devoirs.
D'abord, la société Delabel Éditions, et la société Atmosphériques, respectivement éditeur et le diffuseur de la musique du groupe Louise Attaque, ont assigné les hébergeurs gratuits Multimania, Tripod France, Le Village/Cyberbrain et Geocities à comparaitre devant les tribunaux le 16 avril, ce qu'ils feront finalement le 20 mai. Un fan du groupe avait tissé un site reliant tous ces hébergeurs afin de permettre le stockage et le téléchargement de chansons du groupe piratées en format MP3.
Chose inquiétante, la tendance de frapper d'une poursuite la première cible en vue semble avoir traversé l'Atlantique. Lorsque qu'un canular à son propos s'est disséminé du Net jusque dans les médias traditionnels plus tôt cette semaine, Postes Canada a cru bon d'envoyer des menaces de poursuites au propriétaire du babillard électronique où le message aurait été vu pour la première fois.
« Nous voulions seulement nous assurer que le propriétaire du site nous aide à trouver le vrai responsable de la rumeur, publie des excuses et retire les messages qui ont lancé cette mauvaise blague », nous a expliqué Rhéal LeBlanc de Postes Canada.
Heureusement, l'auteur du message (un certain Cornell Forden, qui disait tenir la nouvelle d'une source très fiable) a choisi de faire amende honorable et s'est excusé volontairement sur le forum. Forden aurait même donné la copie du message que lui a reçu afin que les autorités puissent en retracer l'origine. Pour sa part, le responsable du site hbergeant le forum, Bill Myers de Huntsville, en Arkansas, n'a toujours pas retiré le message d'origine de ses pages et aucune trace de ses excuses ne semble y apparaître, malgré ce dont nous a assuré M. LeBlanc.
La vraie question demeure à savoir ce que Postes Canada aurait fait advenant le cas où M.Forden n'avait pas fait preuve d'autant de diligence. Est-ce que Postes Canada aurait vraiment intenté des poursuites contre M.Myers ?
Un messager qui en tire un autre... on se croirait au temps du Pony Express !
Et si j'essayais d'envoyer un canular par publipostage papier, hmmm... Y'a t-il une âme entreprenante prête à me suivre ? On poursuit ensuite Postes Canada et on divise fifty-fifty !
Dominic Fugère
L'hebdo montréalais Voir a publié un article sur l'affaire Le Village/Louise Attaque
Le communiqué officiel de Postes Canada qui dément la rumeur
Le message à l'origine du canular de la taxe sur les courriels
Les menaces de Postes Canada