Le moteur de recherche AltaVista a soulevé un tollé en annonçant qu'il allait vendre la première position générée par certains mots clés. Une pratique qui ressemble étrangement à ce que fait Francité depuis deux ans.
Un annonceur désirant s'approprier une position privilégiée dans les requêtes d'AltaVista doit se soumettre à une vente aux enchères des mots-clés qui est administrée par la régie publicitaire DoubleClick. À noter, AltaVista est rémunéré seulement pour les clics que génèrent les positions privilégiées. La mise minimum est de 0,25 $ par clic par mot-clé. La mise maximale? Vous n'avez qu'à imaginer comment peut valoir le mot sex...(qui ne semble toujours pas être adjugé, avis aux intéressés!)
Le vainqueur de l'enchère obtient ensuite une position devant tout les résultats de recherche pour son mot clé. Par exemple, le site de garanties automobiles prolongées WarrantyWise sera en tête de liste à toutes les fois qu'un internaute inscrira « Auto » dans le formulaire d'AltaVista. On pourrait être un peu plus près du monde de l'automobile, quand même...
La pratique de mise aux enchères des mots clés est quasi-indentique à celle de GoTo.com à l'exception que chez ce dernier, toutes les mises des annonceurs servent à hiérarchiser les résultats. AltaVista ne commercialisera que les deux premiers résultats.
Le moteur de recherche francophone Francité carbure déjà depuis deux ans aux mots-clés commandités. Michel Morin de Francité nous a expliqué que « cette façon de faire permet des taux de clics près de dix fois plus élevés que les bandeaux traditionnels. » Morin ajoute que la pratique peut être vue comme un service aux internautes parce que :« nous sommes assurés qu'un "bon" site sera en haut de liste. Trop souvent, des petits malins réusissent à trafiquer leurs pages de façon à être répertoriés très haut dans les sites d'indexation automatique comme le notre ».
Les sites qui décident de payer seraient-ils de meilleure qualité ? « Si les gens sont disposés à payer pour être listés, ça signifie probablement qu'ils investissent plus dans leur site. Ce dernier risque donc d'être meilleur »,extrapole Michel Morin.
« Je ne suis pas d'accord avec cette pratique car les moteurs de recherche doivent avant tout offrir des classements objectifs », rétorque la directrice de la recherche de la Toile du Québec (éditée par Netgraphe), Stéphanie Simard.
« Les moteurs gérés par des robots comme le nôtre ne hiérarchisent pas vraiment les résultats donc ça ne change pas grand chose., de répondre Morin. Mais pour les répertoires comme la Toile, c'est une autre histoire. »
Reste à voir s'il s'agit d'une vague de fond qui se dessine. L'appel public à l'épargne de GoTo.com s'apprête à faire sera un bon indicateur de cette tendance. Si AltaVista et GoTo.com font leur beurre de cette affaire, il pourrait devenir difficile pour les internautes de faires des recherches sans s'empêtrer dans des résultats pipés.
Dominic Fugère
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