Un ministre délégué à l'autoroute de l'information assis, attentif, même allumé dans la salle d'un débat sur le commerce électronique ?
Certains crieront au miracle, d'autres au mirage mais c'est ce que les gens présents à l'heure du FIM ont constaté mercerdi soir à Québec. David Cliche a fait bonne impression.
« Je suis ici pour apprendre », annonce t-il pendant sa présentation. Hmmm, ouverture d'esprit intéressante, on dénote une volonté de comprendre, de prendre le pouls de l'industrie... D'autant plus que M.Cliche assiste au débat sans pour autant avoir de millions à octroyer ou de nouveau programme à lancer.
Encourageant, mais le reporter doit vérifier avant de publier. Testons le nouvel élève...
Le ministre Cliche cherche à établir un cadre législatif autour du commerce électronique au Québec. Signature électronique, normes de cryptographie, protection des renseignements personnels, portail québecois universel de CE figurent parmi les priorités du ministre. Or, pour bien des entrepreneurs du domaine, ces interventions de l'état sont loin d'être nécessaires. Le consommateur achètera même si l'État ne le protège pas et les marchands sont assez grands pour établir des normes de sécurité adéquates
« J'ai appris aujourd'hui que les gens reconnaissent qu'il faut éviter les grands modèles universels auxquels tout le monde serait obligatoirement assujetti, répond-t-il à la première question. Oui, l'Internet est l'antithèse de l'encadrement mais notre société commerciale québécoise a certaines règles et spécificités qu'il faut adapter au commerce électronique pour protéger et donner confiance au consommateur. »
Note de passage pour la première question. Il reste campé sur son idée mais la réflexion semble amorcée. Visiblement, le monsieur a bien écouté. Il n'y a d'ailleurs pas trop de divergences avec notre calepin de notes...
Entrons dans le détail. Au cours du débat, l'idée que le gouvernement devrait peut-être cesser de subventionner directement les entreprises de multimédia et aider toutes les entreprises à prendre le virage Internet a été évoquée. Votre opinion M.le ministre ? « Je ne veux pas qu'on dise qu'il faut arrêter de subventionner le multimédia. Les avantages fiscaux ont eu un grand succès et ont permis à Montréal de devenir l'embryon d'un centre international du multimédia. Pas encore un grand centre, mais ça pourrait le devenir. Il n'est pas question de remettre ces incitatifs en question afin de rejoindre ces objectifs. »
Ouf! Un politicien qui ne se perd pas en superlatifs quant à la place de Montréal sur l'échiquier mondial des nouvelles technologies? Avouez que c'est rafraîchissant !
« Le message que j'ai reçu très clairement aujourd'hui est que certaines des mesures qui s'appliquent au multimédia pourraient être offertes à l'ensemble des entreprises qui décident d'embarquer à fond dans le commerce électronique, ajoute M. Cliche. Jusqu'ici, les mesures du gouvernement ont incité les entreprises à investir dans l'équipement informatique et logiciel. Je prends maintenant bonne note de la suggestion d'aider les entreprises à se procurer de l'expertise. »
Bonne note, bonne note... si l'élève contine à être attentif peut-être s'en méritera-t-il une ? L'opinion de l'industrie a trouvé une oreille intéressée mais seule la mise en place de stratégies qui en tient compte prouvera l'apprentissage de la leçon. Les travaux pratiques comptent pour beaucoup dans la note finale, après tout...
Dominic Fugère
Notre compte-rendu du
débat
Une chronique d'André Bélanger sur la nomination de M.Cliche