Pour la première fois dans une guerre, le courrier électronique joue un rôle de première importance. Les Yougoslaves ont créé un réseau qui leur permet de se tenir au courant de l'évolution du conflit mais également d'informer leurs compatriotes expatriés.
La population yougoslave a trouvé dans le courriel un excellent moyen d'échapper aux informations censurées par la télévision d'État. Les Serbes habitués au ch@t expliquent qu'avant les bombardements de l'OTAN, 250 personnes étaient connectées en même temps. Ce nombre est passé aujourd'hui à 1 500. Au Kosovo, en revanche, la situation est plus critique. Illyria, un journal albano-américain de New-York, recevait jusqu'à 250 courriels par jour avant la guerre et n'en reçoit plus que deux aujourd'hui.
Le courrier électronique est donc aussi destiné à la diaspora, aux proches vivant à l'étranger. Aux seuls États-Unis, les Serbes représentent près d'un million de citoyens. Le courriel rassure les familles éloignées mais peut aussi inquiéter facilement. Les rumeurs se répandent très vite sur Internet.
Cependant, Pedrag Tosic, un étudiant à l'Université de l'Illinois déclarait au New York Times: « Je me sentais mal parce que durant quelques jours, j'ai dû m'informer uniquement avec CNN. »
Ludovic Hirtzmann