Internet a permis aux Zapatistes d'éviter la défaite selon les militaires américains.
L'U.S. Army a récemment mandaté Rand, une institution créée par l'Armée de l'Air à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, pour enquêter sur le mouvement zapatiste mexicain. Les Zapatistes, qui se sont rebellés contre le gouvernement mexicain il y a maintenant cinq ans, semblent échapper à tous les modèles de guérillas que l'Amérique centrale a connu jusqu'ici.
Les enquêteurs de Rand, David Ronfeldt et John Arquilla ont mené ce qu'ils appellent un « projet de recherche sur la stabilité et les militaires au Mexique ». Leur livre, The Zapatista social netwar in Mexico dresse un portrait de la stratégie des révoltés du Chiapas.
En janvier 1994, le Front National de Libération Zapatiste, lance une insurrection armée dans la petite ville de San Cristobal de Las Casas au Chiapas. Très vite, le mouvement de guérilla, mené par le célèbre sous- commandant Marcos, comprend qu'il ne peut gagner par les armes. Dès lors, Marcos va entamer une action de sensibilisation sur la situation au Chiapas par le biais des médias étrangers et les organisations non gouvernementales.
C'est à ce moment que débute la « guerre des réseaux » pour reprendre les termes employés par les auteurs de Rand. Marcos devient un guerillero branché et utilise Internet pour communiquer avec les médias européens et nord américains. Ces derniers relayés par des groupes de pression influent sur le gouvernement mexicain qui n'a d'autre choix que de composer avec les Zapatistes. Cette guerre des réseaux amène le gouvernement mexicain à considérer les propositions de réformes démocratiques formulées par Marcos et ses disciples.
Cependant, David Ronfeldt et John Arquilla s'inquiètent des initiatives virtuelles de Marcos. Selon les enquêteurs, l'Armée Américaine doit prendre au sérieux une telle situation « dans un monde qui pourrait connaitre plus d'autres guerres de réseaux que des guérillas traditionnelles dans des pays qui présentent un intérêt pour les États-Unis ». Et les auteurs concluent leur rapport en enjoignant les militaires à surveiller les organisations non gouvernementales ainsi que les communications par Internet.
Ludovic Hirtzmann