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Écran noir pour altern.org

Canoë 
22/02/1999 16h49 

Après six procédures judiciaires et une condamnation à payer 330 000 francs (environ 85 000 dollars canadiens), Valentin Lacambre, propriétaire de l'hébergeur gratuit, jette l'éponge. Les 47 634 comptes hébergés par altern.org sont maintenant orphelins.

« Tout n'est pas encore fini, les sites peuvent redémarrer mais c'est impossible tant que je suis tenu pour responsable du contenu de tous les sites hébergés. A chacun de vous d'agir, téléphonez à votre député, l'informaticien va cultiver son jardin », constate monsieur Lacambre.

La saga d'Altern.org est rocambolesque. L'affaire a débuté en mai 1997 avec une première procédure contre un site raciste qu'hébergeait Altern. A l'époque, ce dernier avait été condamné à payer une amende de 20 000 francs, soit plus de 5 000 dollars canadiens. Le 16 février 1999, un site traitait la RATP, l'équivalent de la STCUM en France, de « Promène couillons ». La RATP avait alors demandé 80 000 dollars canadiens à Altern.org.

L'affaire Estelle Hallyday a, elle, débuté le 24 avril dernier. Malgré un collectif de soutien et 88 700 francs (environ 23 000 dollars canadiens) promis par 394 donateurs (alors que plus de dix mille personnes ont signé la pétition pour soutenir Altern.org!), Valentin Lacambre est contraint de s'arrêter.

« Ce n'est pas seulement altern.org le problème; le jugement qui a été rendu par la cour d'appel interdit l'hébergement gratuit de sites web tel qu'il se pratique dans le monde entier. C'est votre liberté d'expression qui vient d'etre bafouée par la justice française », note Valentin Lacambre, qui termine son message par une mise en garde aux sociétés commerciales: « Que les marchands s'abstiennent, altern.org n'est pas à vendre. »

Ludovic Hirtzmann

Voir la page d'accueil d'Altern en berne.
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